Didier Reynders a mis les parlementaires flamands qui voudraient forcer le vote sur les propositions de loi visant à scinder l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde en garde. Leur attitude est proche du suicide, a-t-il dit. "Ils ne se rendent pas toujours compte qu'ils se mettent eux-mêmes le couteau sur la gorge alors qu'il y a un explorateur qui tente de trouver une solution. J'espère qu'ils auront la sagesse de lui laisser une chance", a-t-il ajouté.

Le président du MR était l'invité mercredi soir de la rentrée politique organisée conjointement par l'hebdomadaire Le Vif/L'Express et la RTBF. Interrogé sur la situation politique, il a réaffirmé avec force qu'il s'inscrivait toujours dans la perspective de la mise sur pied d'un gouvernement orange bleue. Il a aussi répété avec tout autant de force qu'il ne voulait pas d'une tripartitie traditionnelle. Pour lui, la tripartite traditionnelle rassemblant libéraux, socialistes et sociaux-chrétiens-humanistes, a trois défauts: elle ouvre la voie à une réforme des institutions permanente, elle remet en selle les partis qui ont perdu les élections et elle conduit à l'immobilisme sur le plan économique et social.

En ce qui concerne une possible réforme de l'Etat, il a aussi réaffirmé son ouverture au dialogue. "Débattre d'une réforme de l'Etat ne pose pas de problème", a-t-il dit. Et d'ajouter qu'il faut faire évoluer le système belge et dans ce cadre se battre pour que la Wallonie et Bruxelles obtiennent plus de moyens pour assurer leur envol économique. Car, a-t-il encore souligné, c'est le retard économique de la Wallonie qui préjudicie le plus l'avenir du pays.

Pour M. Reynders, les francophones devront aussi avoir entre eux un débat sur l'organisation des institutions francophones. "Il faudra que la nation francophone s'organise mieux", a-t-il dit. Pour lui, il faudrait à l'avenir que les ministres wallons et les ministres francophones bruxellois siègent dans un même gouvernement francophone. Il a rappelé ainsi une position qu'il défend depuis longtemps.

Enfin, à propos d'Yves Leterme et de la volonté de son parti, le CD&V, de le voir devenir premier ministre, Didier Reynders a insisté sur le fait que cette fonction nécessitait "un peu de recul" et que M. Leterme devrait "faire ses preuves au cours des semaines ou des mois à venir, qu'il est capable de prendre ses distances à l'égard de son parti et de sa communauté". Et d'insister qu'il devra montrer "qu'au-delà de l'accueil favorable dont il bénéficie en Flandre, il peut aussi se faire accepter par les francophones".