Sous leur casquette de membres de l'exécutif de la Commission Communautaire Commune de Bruxelles, les ministres bruxellois ont pris acte jeudi du rapport de l'Inspection des Finances, commandé par leurs soins au début de l'année, au sujet de l'usage des subsides dont bénéficie la Samusocial, association d'aide aux sans-abri de la capitale.

Aucun de ceux-ci n'a voulu s'exprimer, à ce stade, sur le fond du dossier, d'autant que l'association dispose d'un mois pour apporter une série d'éclaircissements, dans le cadre d'une procédure d'inspection assez classique.

Selon la ministre Evelyne Huytebroeck (Ecolo) chargée, comme sa collègue Brigitte Grouwels (CD&V) de la Politique d'Aide aux Personnes au sein de cette institution bi-communautaire bruxelloise, ce rapport avait été commandé au début de l'année par elle-même, et les ministres Grouwels et Vanhengel, pour s'assurer qu'il n'y ait pas de double emploi de subsides de la CoCom (1 million d'euros par an) et du fédéral, "comme on peut le faire pour toutes les associations largement subsidiées".

D'après la ministre, le Samusocial dispose d'un mois pour réagir. Le rapport reviendra ensuite sur la table du gouvernement fort des éléments d'informations complémentaires.

Sur le fond, Evelyne Huytebroeck s'est refusée à ce stade à faire des commentaires, pas même sur la hauteur des rémunérations du personnel du Samusocial "avant d'avoir plus de détails et notamment de disposer de données comparatives sur les rémunérations accordées dans d'autres institutions sociales de taille comparable".

Pour elle, cet épisode ne peut en tout cas pas remettre en cause le "travail conséquent" abattu par le Samusocial.

Même son de cloche recueilli auprès d'un autre membre (non-socialiste) du gouvernement bruxellois qui a tenu à rester plus discret: "Le Samusocial est la seule association bruxelloise du secteur à fonctionner aussi efficacement pour prodiguer une aide médicale et un hébergement provisoire dans les situations d'urgence. Cette asbl a été créée par le CPAS de la Ville de Bruxelles parce qu'il est le plus sollicité à Bruxelles pour éviter que des gens ne crèvent en rue."


Pas de commentaire officiel du CPAS de la Ville de Bruxelles qui prépare ses arguments

Yvan Mayeur, le président du CPAS de la Ville de Bruxelles, institution directement en lien avec l'asbl Samusocial dont la gestion est au centre d'un rapport commandé à l'Inspection des Finances par la Commission Communautaire Commune, s'est refusé à faire des commentaires sur le contenu de ce document dont il affirme ne pas disposer.

Sa seule prise de position a adressée en ces termes à la cheffe de file du cdH de la Ville de Bruxelles et par ailleurs ministre fédérale de l'Intérieur qui a demandé un audit sur la gestion du Samusocial "manquant de transparence" et dont elle estime que la directrice est surrémunérée: "Milquet: camps de sharia4belgium 'il faut vérifier l'exactitude' - Samusocial de Bxl 'il faut des sanctions immédiates'.Quelle légèreté :-)".

Dans les couloirs du CPAS de la Ville, on se prépare à apporter des informations complémentaires. On semble en tout cas assumer le fait de ne pas être passé pour un appel d'offre public pour des missions des SDF et nullement surpris par le fait que l'inspecteur des finances tente de savoir s'il y a eu double emploi. "Mais en évoquant un risque, il n'a manifestement pas pu l'établir, CQFD, a-t-on brièvement commenté.

De son côté, le chef du groupe MR au parlement bruxellois a précisé que celui-ci demanderait des éclaircissements sur ce dossier, en séance plénière vendredi.

Vincent De Wolf a estimé qu'il fallait examiner avec prudence la question de la rémunération de la directrice du Samusocial, qui a été fixée il y a plusieurs années. Pour lui, il faut avant tout savoir à quoi cette rémunération correspond, en termes de qualification, de gestion de personnes (combien de personnes, combien de cadres, ...) même si a priori, la personne en charge semble gagner plus qu'un député, a-t-il dit.