L’information s’est répandue comme une traînée de poudre lundi, dès sa révélation dans la presse flamande. Plusieurs tour-opérateurs, Thomas Cook en tête, seraient favorables à un étalement des périodes de vacances scolaires entre la Flandre et la Wallonie, comme c’est déjà le cas entre différentes régions dans nos pays voisins.

Selon Thomas Cook, "tout le monde y gagnerait, aussi bien le secteur du voyage que les consommateurs". Pour son porte-parole, Baptiste van Outryve, "cet étalement des périodes de vacances scolaires entre la Flandre et la Wallonie permettrait d’avoir une offre plus large de départs dans le temps, et donc plus intéressante pour le client belge".

Le tour-opérateur Jetair, pour sa part, s’est dit peu convaincu du bien-fondé de la mesure et "n’a pas l’intention d’entreprendre des actions en ce sens", a-t-il indiqué lundi dans un communiqué. Pour lui, " cet étalement pourrait réduire la pression sur certaines capacités hôtelières et aériennes". Et le même d’estimer qu’ "une telle division des vacances pourrait également poser des problèmes aux familles recomposées bilingues, où un enfant est dans l’enseignement flamand et l’autre dans le système francophone".

Du côté du cabinet de la ministre de l’Enseignement obligatoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Marie-Martine Schyns (CDH), on se positionne : "Dans l’état actuel des choses, il n’y a aucune raison d’envisager un étalement des périodes de vacances scolaires entre Flamands et francophones. Pour nous, ce n’est clairement pas l’enjeu principal aujourd’hui. Et encore moins lorsqu’il s’agit de calquer cette décision sur des considérations économiques ou liées au monde du tourisme."

Et le même d’exposer : "Quel est l’intérêt du modèle annuel tel qu’il prévaut aujourd’hui en Flandre comme en Wallonie ? Précisément celui du rythme scolaire. Huit semaines de cours, puis deux semaines de congé par exemple… Flamands comme francophones visent le même équilibre en termes de rythme scolaire. Par conséquent, et ce au regard des jours fériés légaux qui sont toujours fédéraux à l’heure actuelle, ceux du nord et du sud du pays se retrouvent très souvent en vacances ou en congé au même moment. Et parce que ce qui conduit à cette décision dans les diverses communautés du pays relève de considérations purement pédagogiques, il n’y a pas de raison que cela change. Voilà pourquoi nous ne sommes pas particulièrement demandeurs d’un débat à ce sujet-là.

Pour nous, c’est davantage le travail du temps scolaire dans la journée et dans la semaine qui importe. Avec notamment, pour le 1er degré du secondaire, les fameuses périodes de 45 minutes que l’on regroupe par blocs de deux pour faire des blocs de 90 minutes. Travailler le temps scolaire différemment dans la journée donc, se donner plus le temps d’entrée dans l’apprentissage.

Mais pour ce qui est du temps scolaire dans l’année, nous ne sommes pas favorables à un changement. Ceci étant, si demain plusieurs partis se positionnent à ce sujet, en font un débat électoral important dans le but de changer les choses à l’avenir, et que cela fait partie d’un accord de majorité, là bien sûr c’est autre chose." Qui sait. On y reviendra peut-être.