polémique

Cela s’est passé le 15 octobre dernier à deux pas de la place des Martyrs. Un baptême estudiantin de la Hogeschool-Universiteit Brussel (HUB) - l’ex-KUB à laquelle se sont jointes plusieurs hautes écoles flamandes - a tourné au cauchemar car un étudiant déguisé en femme a été violé par deux jeunes. L’affaire était restée "intramuros" car à l’époque il y avait encore d’autres baptêmes à l’agenda. La victime et ses parents avaient aussi demandé une certaine discrétion mais c’était sans compter la réaction officielle des responsables de la HUB qui ont obtempéré un peu vite à la demande de la police afin qu’il n’y ait plus de "manifestations travesties" dans les guindailles estudiantines à Bruxelles. L’instruction a suscité des réactions particulièrement négatives dans les rangs des cercles estudiantins et a lancé un débat au moins aussi vif que celui sur le sapin moderne Lundi, Bruno De Lille, le secrétaire d’Etat bruxellois à l’Egalité des chances (Groen) avait estimé que la HUB envoyait un mauvais signal "car c’est une manière implicite de concéder que le viol est lié à une responsabilité de la victime et non de l’auteur. Et c’est une insulte à l’égard des femmes et des transsexuels. Et puis les femmes ne devraient plus s’habiller de manière trop féminine pour ne pas apparaître trop provocantes" . Cette dimension a aussi choqué le Conseil des femmes, qui estime que cela ne rappelle que trop l’assertion selon laquelle une jeune femme courtement vêtue serait une provocatrice. Même son de cloche chez les Femmes prévoyantes socialistes : "L’attitude de la HUB renforce l’idée qu’une femme est toujours un peu suspecte d’avoir attisé les pulsions masculines, bien entendu irréfrénables." Le président de l’assemblée de la Vlaamse Gemeenschapscommissie, Jean-Luc Vanraes (Open VLD), veut que l’on revoie la décision : "S’il faut combattre fermement ce type de violence et la sanctionner, cela ne peut se faire en limitant la liberté." L’échevin Philippe Close (PS) a rappelé que "Bruxelles est une capitale multiculturelle, où la liberté individuelle est un droit fondamental. Et les étudiants doivent se sentir libres de leurs actes et de leurs choix vestimentaires." En même temps, "la lutte contre l’homophobie doit être une priorité en termes d’éducation mais aussi de répression" .