Le procès pour terrorisme à charge de l'organisation Sharia4Belgium débutera lundi devant le tribunal correctionnel d'Anvers. Au total, 46 prévenus, dont Fouad Belkacem (32 ans), comparaissent comme dirigeants ou membres d'une organisation terroriste. Le procès, qui suscite une grande attention de la part des médias belges et étrangers, est accompagné de mesures de sécurité supplémentaires. L'enquête relative à l'organisation a débuté en février 2012 et a mené à 48 perquisitions le 16 avril 2013 à Anvers, Bruxelles, Boom, Vilvorde, Schaerbeek et Charleroi. Fouad Belkacem, ancien porte-parole de Sharia4Belgium, avait également été arrêté à cette date et est depuis en détention préventive.

Cette enquête a mis en lumière suffisamment de preuves permettant de considérer Sharia4Belgium comme un mouvement terroriste, selon le parquet fédéral. Fouad Belkacem est à l'origine de l'organisation en 2010 et a commencé, avec Feisal Y. (31 ans), Nabil K. (23 ans), Brahim B. (28 ans) en Hicham C. (32 ans), à recruter des jeunes en les abordant en rue via des "Street Dawah" et des prédications en rue. Ces cinq prévenus ainsi qu'Elias T. (24 ans) et Houssien E. (23 ans) et neuf autres comparaissent comme leaders d'un groupe terroriste et risquent jusqu'à quinze ans de prison.

Les personnes recrutées par l'organisation recevaient un endoctrinement religieux et idéologique, participaient à des actions de protestation et ont également été, dans une phase ultérieure, envoyer en Syrie pour combattre. Ces prévenus poursuivis pour avoir participé à des activités d'un mouvement terroriste risquent jusqu'à cinq ans de prison.

Jejoen Bontinck (19 ans) fait partie de ce groupe mais est considéré comme une victime par le parquet fédéral. Lorsqu'il a souhaité rentrer de Syrie, le jeune homme a été retenu par une trentaine d'autres prévenus. Il a fait des aveux complets à son retour en Belgique.

D'autres noms impliqués dans ce procès sont ceux de Michaël Delefortrie (25 ans), combattant de retour de Syrie et Brian De Mulder (21 ans), qui s'y trouve toujours. Il est poursuivi pour des menaces à l'encontre du ministre de la Défense en Affaires courantes Pieter De Crem et l'homme politique néerlandais Geert Wilders.

L'attaque contre un commissariat de police à Molenbeek-Saint-Jean le 31 mai 2012, après l'interpellation d'une jeune femme en niqab, forme également un autre volet, dans lequel doivent comparaître notamment Fouad Belkacem et Hicham C.

La durée prévue pour l'instant pour le procès est de deux jours. Le parquet fédéral aura la parole lundi, avant la défense le lendemain. Sur les 46 prévenus, 38 feront défaut. Il est probable que ces derniers se trouvent actuellement en Syrie ou qu'ils soient entre-temps décédés.

Ce procès fait l'objet de mesures de sécurité supplémentaires et la présence policière sera renforcée. La police recommande à toute personne dont la présence au palais de Justice et sur la Bolivarplaats n'est pas requise de rester à l'écart. "Il s'agit du plus grand procès pour terrorisme qui ait jamais eu lieu à Anvers et peut-être même en Belgique, donc nous ne laissons rien au hasard au niveau de la sécurité", a indiqué la porte-parole de la police, Veerle De Vries.

La police n'a par ailleurs pas précisé le nombre d'agents supplémentaires qui seront déployés. Elle contrôlera l'identité de toute personne qui assiste au procès, y compris les avocats, les parties à la cause et la presse et un détecteur de métaux sera installé. Des contrôles d'identité sont aussi possibles aux environs du palais de Justice. Les journalistes doivent donc être en possession de leur carte de presse. Les policiers géreront aussi la circulation aux abords du bâtiment, car la presse, tant nationale qu'étrangère, est attendue en nombre