On se sent quoi, d'abord? Question récurrente, dans notre beau pays multiple. Mais pour des raisons de méthode, nos investigateurs du jour -l'Institut wallon des statistiques (Iweps) et le Centre d'étude de l'opinion de l'Université de Liège (Cleo)- n'ont plus interrogé par ordre de priorité. Ils ont demandé auprès de 2500 Wallons, en laissant tomber l'enracinement plus local: vous sentez-vous souvent ou pas Wallon, Belge, Européen? Votre sentiment est-il fort? En êtes-vous fiers?

Les scores à la première question, la fréquence: sur un indice allant de 0 (jamais) à 4 (toujours), on se sent Belge à 2,94; Wallon à 2,52; Européen à 1,84. Quant à l'intensité: Belge à 54,7 pc; Wallon à 54,1; Européen à 22,1. Quant à la valorisation, sur un indice allant de -2 (très dévalorisant) à +2 (très valorisant): Wallon à 1,29; Belge à 1,25; Européen à 0,83. Bref, les sentiments wallon et belge se tiennent de près; l'européen est à la traîne - «C'est assez logique, vu le nombre d'incertitudes à ce niveau», commente le sociologue Marc Jacquemain (ULg).

Ce tableau n'est pas figé. Dans ses trois dimensions, par comparaison avec 2 enquêtes similaires, les sentiments d'appartenance sont un peu plus forts en 2003 qu'en 1991 (sauf pour l'Europe) et beaucoup plus forts qu'en 1997 (millésime d'un creux général, dans la foulée des affaires Dutroux et consorts). Comme quoi, explique le professeur Jacquemain, si l'indice d'appartenance est «un élément fondamental de la cohésion d'une Région ou d'un Etat, il a aussi une incidence conjoncturelle très forte».

L'emploi, un capital social

Second enseignement: plus on se sent Wallon, plus on se sent Belge. Ou vice-versa. Autrement dit, les sentiments sont complémentaires. «L'un n'exclut pas l'autre, comme je l'ai cru un moment, prolonge le ministre- président (PS) du gouvernement wallon, Jean-Claude Van Cauwenberghe. Je ne suis pas sûr que ce soit ainsi côté flamand...» Cette affaire d'identités se prolonge d'autres indicateurs plus neufs, relevant de ce qu'on appelle désormais le «capital social» d'une collectivité, à savoir la qualité et la diversité de son tissu relationnel. Pour ce qui serait une première enquête du genre en Wallonie, trois paramètres sont épinglés.

D'abord, l'activité associative. En moyenne, le Wallon de l'échantillon appartient à 1,27 association. Mais cette moyenne varie fort selon le sexe et la situation professionnelle: 1,68 chez l'homme avec emploi; 1,39 chez la femme avec emploi; 1,30 chez l'homme sans emploi; 0,83 chez la femme sans emploi.

Ensuite, les pratiques d'entraide et de bénévolat. Les indices vont de 8,73 (homme avec emploi) à 7,17 (femme sans emploi). A nouveau l'activité professionnelle n'est donc pas un inhibiteur, pour des raisons de disponibilité, mais un activateur, en termes d'intégration sociale. Enfin, l'engagement public. Si le vote n'était plus obligatoire, 55 pc des Wallons disent qu'ils iraient toujours voter; 18 pc, souvent ou parfois; 22 pc, jamais. Le zèle civique augmente à mesure que diminue le sentiment d'insécurité. Il augmente aussi avec l'utilisation d'Internet, mais diminue avec celui de la télévision -les deux médias fonctionnent ainsi en ciseaux.

© La Libre Belgique 2004





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