Le ministre-président du gouvernement bruxellois, Charles Picqué s'inquiète dans une interview au quotidien Le Soir des projets de la SNCB. Il craint que la société oublie Bruxelles. "Les intentions de la SNCB pour Bruxelles ne sont pas claires" déplore-t-il.

M. Picqué demande "un accord global où la SNCB s'engage et dévoile ses intentions". Charles Picqué souligne qu'étant donnée la situation financière de la SNCB, "l'heure est au choix". Or, il a peur que Bruxelles ne soit oubliée.

Il craint que domine "une vision très utilitariste" de la capitale, "à savoir penser à la manière de faire entrer les gens dans la ville sans se soucier des besoins propres des Bruxellois". Il ajoute que le terme des mandats des dirigeants actuels et les affaires courantes augmente le risque de cacophonie.

A propos de l'augmentation de la capacité de la jonction nord-midi, M. Picqué rappelle qu'actuellement, 73.000 voyageurs débarquent déjà en moyenne chaque jours à la gare centrale. La moitié d'entre eux emprunte le réseau des transports urbains, surtout le métro. Augmenter cette charge et la reporter sur le réseau de la STIB "est un piège infernal", dit-il. Le problème est le même pour le RER. "Un tel outil ne peut servir uniquement à entrer dans la ville...

Bruxelles compte 36 gares et points d'arrêt confirmés. Cela ne nous satisfait pas. Nous en demandons 11 de plus".

M. Picqué s'inquiète aussi pour les travaux que cette augmentation de capacité impliquera. "Je n'accepterai pas une défiguration du tissu urbain", dit-il. Et d'ajouter qu'il faudra aussi veiller au financement de ces travaux.

"Je refuse que le chantier soit financé par des opérations de promotion immobilière douteuses portant sur des bureaux, au détriment de la mixité", ajoute le ministre-président.

Ces craintes sont aussi valables pour la construction d'une nouvelle gare du Midi. "Je crains qu'on lie le financement d'un tel projet à celui de la jonction Nord-Midi", dit Charles Picqué.