Amnesty s'insurge contre la poursuite de ventes d'armes wallonnes à l'Arabie saoudite

Amnesty International déplore la décision du ministre-président de la Région wallonne Elio Di Rupo (PS) de continuer à exporter des armes wallonnes vers l'Arabie saoudite, indique jeudi l'organisation.

AFP
Amnesty s'insurge contre la poursuite de ventes d'armes wallonnes à l'Arabie saoudite
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Amnesty International déplore la décision du ministre-président de la Région wallonne Elio Di Rupo (PS) de continuer à exporter des armes wallonnes vers l'Arabie saoudite, indique jeudi l'organisation. 

L'Echo rapporte jeudi que la Wallonie a décidé de ne plus autoriser l'exportation à l'armée de l'air saoudienne, mais la région a par contre validé les licences vers la Garde royale et la Garde nationale du pays. "Nous sommes très interpellés par cette décision alors qu'Amnesty s'était déjà insurgée à la suite de l'information révélée par le #BelgianArms (enquête réalisée par des journalistes de la VRT, de Knack, du Soir et des médias Lighthouse Reports et Bellingcat, ndlr) selon laquelle, contrairement à ce qu'affirme monsieur Di Rupo, la Garde nationale, armée par la Région wallonne, est bien active sur le terrain yéménite, avec de l'équipement militaire wallon", déclare Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d'Amnesty International.

Ce dernier explique avoir alerté les ministres-présidents successifs sur les risques que des armes wallonnes servent à commettre des violations du droit international humanitaire au Yémen. La Région wallonne violerait ainsi le Traité sur le commerce des armes et le décret wallon de 2012 qui règlemente la matière, rappelle-t-il.

Amnesty souligne que les ventes d'armes wallonnes à l'Arabie saoudite ont augmenté de 70 millions d'euros en 2018, selon le dernier rapport annuel sur les licences d'exportation d'armes. Les ventes sont passées de près de 153 millions d'euros en 2017 à 223 millions en 2018, ce qui fait de l'Arabie Saoudite le premier acheteur d'armes de la Wallonie.