La CNE furieuse contre la mesure du gouvernement: "Qu'ils viennent seulement, ces décideurs!"

"Quand on voit sur le terrain les difficultés que vivent au jour le jour les équipes, (...) quand, après avoir attendu le matériel de protection (...) après avoir vu les collègues tomber comme des mouches, on vous annonce que des visites vont à nouveau être organisées dans trois jours, vous avez l'envie de jeter l'éponge", réagit jeudi matin la CNE au sujet des visites en maisons de repos et de soins.

La CNE furieuse contre la mesure du gouvernement: "Qu'ils viennent seulement, ces décideurs!"
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La CSC Services publics "s'insurge" jeudi de la décision d'autoriser, sous certaines conditions, des visites à un proche en maison de repos.

"Quand on vous annonce que des visites vont à nouveau être organisées dans trois jours, vous avez l'envie de jeter l'éponge", avait déjà réagi la CNE. Pour la fédération Unessa, l'annonce est "trop rapide". La Première ministre a annoncé mercredi soir que les résidents vivant en maisons de repos ou dans des centres pour personnes avec un handicap pourront à nouveau recevoir des visites d'un proche, pour lutter contre la détresse psychologique générée par l'isolement, à partir de lundi prochain.

Une décision prise "sans aucune concertation avec les employeurs et les syndicats du secteur", dénonce la CNE.

"Quand, après avoir vu les résidents en détresse, ne pas pouvoir rejoindre l'hôpital, ne pas pouvoir bénéficier d'une aide respiratoire efficace et suffisante (...), après avoir vu les difficultés d'approvisionnement en oxygène, après avoir vu les collègues tomber comme des mouches, après s'être entendu dire que si on est dépisté positif mais qu'on n'est qu''un peu malade', on doit rester au boulot (...), on vous annonce que des visites vont à nouveau être organisées dans trois jours, vous avez l'envie de jeter l'éponge, de rentrer chez vous et de dire, 'mais qu'ils viennent seulement, ces décideurs!'", écrit le syndicat. "On ne comprend plus rien."

"Après avoir été les grands oubliés de la crise sanitaire à l'avantage des hôpitaux", aujourd'hui les travailleurs oscillent "entre colère et déception", ajoute Véronique Sabel, secrétaire nationale CSC Services publics. "Leur travail est balayé." Pour le syndicat chrétien, "le gouvernement a réagi pour les maisons de repos 32 jours trop tard. Le nombre de décès est alarmant".

La fédération francophone d'accompagnement, d'aide et de soins aux personnes Unessa se dit elle en attente de mesures plus précises, concertées avec le secteur, déplorant avoir obtenu l'information par voie de presse.

Les résidents "seraient très heureux de bénéficier d'un contact physique avec un proche. Nous ne pouvons que mettre tout en œuvre pour y arriver le plus rapidement possible", souligne-t-elle. Cependant, sur le plan sanitaire, l'arrivée de visiteurs "nécessitera une procédure particulière à l'entrée comme à la sortie, contrôlée par du personnel des établissements", alors que du personnel est aussi écarté pour maladie.

"Nous devons avoir préalablement une vue claire et précise sur les foyers de covid-19 (besoin de tests et de leurs résultats), de matériel de protection individuel en suffisance et correctement utilisé, selon des directives claires", plaide Unessa. "L'annonce actuelle est trop rapide et risque de mettre en danger les résidents et le personnel des structures concernées.

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