Commerces, fêtes de fin d’année, couvre-feu...: retour sur les décisions du Comité de concertation

Retour sur les décisions prises lors du comité de concertation de ce vendredi.

Commerces, fêtes de fin d’année, couvre-feu...: retour sur les décisions du Comité de concertation
©BELGA
Guillaume Tom

Les fêtes de fin d’année comme une bulle d’air. Voilà ce qu’espéraient de nombreux Belges à l’entame du Comité de concertation qui s’est réuni dès 13 heures ce vendredi au Palais d’Egmont. Depuis plusieurs jours en effet, les indicateurs montrent une tendance à la baisse, laissant espérer à certains un relâchement des mesures...

"Comment allons-nous traverser l’hiver ?", s’interroge le Premier ministre Alexander de Croo (Open VLD). Réponse : confinés, encore, du moins jusqu’au 15 janvier. À cette date, les autorités procéderont à une évaluation des courbes pour envisager une éventuelle levée de la cloche de verre posée au-dessus de la vie des Belges.

En attendant, les différents représentants ont lancé un appel à la prudence, martelé dans les trois langues nationales. L’échec du premier déconfinement hante encore les décideurs politiques. Le mot d’ordre, on l’a dit, est la prudence pour éviter une troisième vague. "Elle serait encore pire que la deuxième, avertit M. De Croo, on ne pourrait pas la tenir." " J ’aimerais que l’on mette un terme à cette année catastrophique, espère le Premier ministre. Mais je ne voudrais pas que le nouvel an marque le début d’une nouvelle catastrophe."

Les annonces n’apportent guère de baume au cœur, l’heure est toujours à la rigueur. Frank Vandenbroucke (SP.A), le ministre de la Santé, livre pourtant ses impressions sur les annonces. Son sentiment est double. "D’un côté, je suis satisfait, ravi même." Et pour cause: le Comité de concertation a suivi les recommandations du RAG (Rik Assessment Group), qui préconisait le statu quo en regard d’une situation sanitaire encore préoccupante, ce qui était le vœu du ministre de la Santé. "Mais d’un autre côté, je sais que c’est triste et difficile de vivre de la sorte", concède Frank Vandenbroucke.

1. Les magasins peuvent ouvrir

À partir du mardi 1er décembre, les commerces dits "non essentiels" pourront à nouveau ouvrir leurs portes. Pas question toutefois de se ruer dans les grandes enseignes pour les achats de Noël. "Il n’y aura pas de fun shopping", tempère le Premier ministre. Les conditions d’accès aux magasins seront en effet drastiques. En plus d’assurer le respect des règles de base, comme le port du masque ou la distance de sécurité, les commerçants devront garantir un espace de 10 mètres carrés par client et gérer les files d’attente à l’extérieur. Dans le magasin, le temps sera limité à trente minutes, et les achats devront se faire individuellement (les enfants de moins de 18 ans pourront toutefois accompagner leur parent).

Les métiers "de contact" (comme les coiffeurs ou les centres d’esthétique) devront, eux, rester portes closes jusqu’au 15 janvier. Idem pour l’Horeca.

2. Noël se fera en très petit comité

Comment s’organiseront les fêtes de fin d’année ? C’était l’une des grandes questions. Un peu moins d’un mois avant les célébrations, la perspective est claire : "Cette année, les fêtes seront différentes", pose Alexander De Croo. Pas question, en effet, d’envisager les grandes retrouvailles familiales à l’intérieur. Les célébrations de Noël et Nouvel An se feront sur un mode intime, chacun cantonné dans son foyer. Oubliez la bûche pour dix personnes : les invités ne sont pas autorisés pour les soupers à l’intérieur (hormis le contact rapproché autorisé par ménage). Une exception toutefois concerne les personnes seules. Il s’agit là du seul réel assouplissement, destiné à ce que personne ne reste seul, selon les vœux des autorités. Les personnes isolées pourront recevoir leurs deux contacts en même temps, et ainsi rompre l’isolement le temps d’une soirée.

3. Le couvre-feu reste en vigueur jusqu’au 15 janvier

Depuis maintenant un mois, les Belges vivent à l’heure du couvre-feu qui interdit les déplacements non essentiels entre minuit et 5 heures du matin. Cette situation durera encore jusqu’au 15 janvier. Pour la Wallonie, le couvre-feu de 22 h à 6 h du matin reste d’application jusqu’au 13 décembre, date à laquelle le gouvernement procédera à une nouvelle évaluation. En cas de prolongation, le ministre-Président Elio Di Rupo (PS) a ouvert la porte à un possible allègement les soirs du 24 et 25 décembre. La Wallonie se limiterait alors à respecter les horaires voulus par le fédéral, à savoir un couvre-feu entre minuit et 5 h du matin. Bruxelles suivra-t-elle la même logique ? On peut le penser, car les deux régions s’étaient alignées pour le premier couvre-feu.

4. Les musées peuvent rouvrir

Le comité de concertation a indiqué que les musées pourront à nouveau ouvrir leurs portes à partir du 1er décembre. Les visites devront se faire dans le respect des protocoles définis. Les piscines pourront également accueillir des visiteurs. Là aussi, les protocoles stricts seront d’application.

5. Les quarantaines des voyageurs seront contrôlées

Épineuse question que celle des sports d’hiver. L’année passée, les sports d’hiver avaient provoqué une forte circulation du virus, notamment dans les stations alpines. À l’échelon belge, le contrôle se focalisera sur les fameux Passenger Locator Form, mais aussi sur le respect de la quarantaine. Le message des autorités est clair. Il faut éviter les vacances au ski, et le Premier a par ailleurs indiqué qu’il avait déjà demandé aux autorités suisses de fermer leurs stations. Toutefois, il n’y a pas de restriction supplémentaire sur les voyages. Si les contrôles seront renforcés, les quarantaines ne sont obligatoires que pour les pays repris dans la liste des Affaires étrangères.

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