Le personnel médical prêt à consentir au vaccin ? A l'heure actuelle, "être pro ou anti vaccin contre le coronavirus n'est pas rationnel"

La stratégie vaccinale qu'adoptera la Belgique a été posée par les autorités.

Le personnel médical prêt à consentir au vaccin ? A l'heure actuelle, "être pro ou anti vaccin contre le coronavirus n'est pas rationnel"
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La conférence interministérielle de Santé publique (CIM), a confirmé ce jeudi le début de la campagne de vaccination début janvier, en priorité à destination des personnels soignants de première ligne, des personnes âgées de 65 ans et plus et des personnes de plus de 45 ans avec des comorbidités spécifiques.

Le conseil supérieur de la Santé avait estimé dans un rapport cet été que "20 à 30 % des personnes faisant partie des groupes prioritaires et à risque, refuseront cette vaccination". Des chiffres tablés sur ceux du vaccin contre la grippe. Qu'en est-il du personnel médical en Belgique ?

Du côté des généralistes, "personne n'est par principe opposé à la vaccination", assure Philippe Devos, président du syndicat des médecins belges (Absym). Si à l'heure actuelle certains praticiens se montrent réticents à se faire vacciner c'est "par manque d'informations ou aussi par peur de l'aiguille, même si cela peut paraître absurde".

Le chef des soins intensifs du CHC de Liège juge prématuré de se positionner sur le vaccin à l'heure actuelle. "Être pro ou anti vaccin contre le coronavirus ce n'est pas rationnel", estime-il. Pour le médecin, la question sera plus claire lorsque seront publiés les résultats des tests de phase 3 des vaccins (la phase finale), qui ne devraient plus tarder. "Avec ces informations on pourra voir quel vaccin fonctionne, et lequel sera le plus adapté au profil de chaque patient". Et le médecin se montre confiant concernant le Pfizer/Moderna qui sera le premier sur le marché belge : "On s'attend à ce que les nouvelles soient bonnes".

Les infirmiers, par contre, peuvent se montrer plus craintifs que les médecins. C'est notamment le cas de certains infirmiers et aides soignants des maisons de repos qui peuvent s'interroger sur l'efficacité et l'effet du vaccin à long terme, renseigne Olivier Gendebien, président de l'association belge des praticiens infirmiers (ACN). "Si on se base sur les chiffres de la grippe, seulement 20 à 30% des infirmiers se sont fait vacciner cette année", explique-il. Pour lui, si quelques doutes subsistent c'est aussi par manque d'informations.

Objectif : sortir du confinement

Si certains seraient tentés d'avancer l'argument de la rapidité de fabrication du vaccin pour remettre en cause son efficacité, Philippe Devos insiste: ça n'en est pas un. "Contrairement aux maladies rares, il y a eu beaucoup de patients covid. Trois fois plus de personnes ont pu tester le vaccin", explique-il. D'autant plus que le panel des cobayes s'est avéré large: des jeunes, des personnes âgées et aussi des personnes ayant déjà contracté le coronavirus. "10 à 15% des personnes de plus de 75 ans font partie des cobayes. Ce qui est rassurant pour les personnes âgées prioritaires", assure le président de l'Absym.

Le docteur rappelle également que l'objectif du vaccin en premier lieu ce n'est pas qu'il n'y ait plus de malades mais qu'on puisse éviter les morts et la saturation des hôpitaux afin de lever le confinement qui pèse sur tout le monde. Pour l'instant, les personnes ayant développé le Covid-19 malgré le vaccin, n'ont pas fait de forme grave et pour Philippe Devos c'est suffisant: "Même s'il fonctionne à moitié, c'est une excellente nouvelle", se réjouit-il.

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