Notre sondage : un francophone sur trois s'apprête à refuser le vaccin

“La Libre” a sondé les Belges sur la façon dont ils abordent la pandémie de coronavirus. De nombreux Belges expriment des doutes concernant les vaccins Covid-19.

Notre sondage : un francophone sur trois s'apprête à refuser le vaccin
©IPM

À quelques jours de la première phase de vaccination en Belgique, qu’en pensent les citoyens ? C’était l’une des questions qui figurait dans le baromètre La Libre Belgique/La Dernière Heure/Vers l’Avenir/Dedicated. Et la réponse a de quoi surprendre. En effet, seul un Belge francophone sur deux dit qu’il compte se faire vacciner quand cela sera possible. À l’inverse, 35 % d’entre eux ne le feront probablement pas (17 %) ou certainement pas (18 %). Près d’un francophone sur dix (12 %) ne sait toujours pas quoi en penser.

Ce sont les plus jeunes les moins convaincus par le vaccin. Un quart d’entre eux disent ne pas vouloir se faire vacciner. À l’inverse, chez les plus âgés (les plus de 65 ans), ce chiffre tombe à 12 %. Un tiers des aînés, les plus vulnérables au coronavirus, affirme être déjà sûr de se faire vacciner, contre à peine 13 % des jeunes. Les femmes seraient plus réticentes : seules 44 % d’entre elles affirment être favorables à la vaccination, contre 66 % des hommes. Elles sont aussi plus indécises : 16 % d’entre elles ne savent pas si elles se feront vacciner ou non, contre 8 % chez les hommes.

On le comprend, la barre des 70 % de la population vaccinée nécessaires pour une efficacité collective du traitement demandera encore un travail de prévention. "J’ai l’impression que les gens ont peur car ils ne comprennent pas comment fonctionnent les vaccins , analyse Sophie Lucas, immunologue à l’Institut De Duve de l’UCLouvain. Soit car ils n’ont pas eu assez d’informations à ce sujet, soit parce qu’ils ont reçu trop d’informations erronées. Je peux entendre les craintes et j’invite même les gens à les exprimer et à chercher les réponses auprès des bonnes personnes."

Mais pourquoi certains demeurent sceptiques ? Quand on regarde les raisons qui poussent les Belges à craindre le vaccin, 67 % évoquent les éventuels effets secondaires. Six répondants sur dix s’interrogent sur la rapidité de découverte du vaccin, par rapport à la période habituelle de validation. Et 56 % des répondants disent manquer de recul par rapport au virus pour s’assurer de la fiabilité du vaccin.

Les fêtes transformées

Après plusieurs mois d’une crise dont on peine à voir le bout, comment se portent les Belges ? Finalement assez bien, à en croire le panel interrogé. Septante-cinq pour cent des personnes interrogées disent avoir un moral bon ou très bon. Les plus âgées se disent dans un meilleur état d’esprit (83 % pour les plus de 55 ans) que les jeunes adultes (71 % des 18-34 ans).

Très attendues cette année, les fêtes de fin d’année n’auront pas la même saveur. La plupart des Belges ont d’ailleurs revu leur célébration. La moitié des sondés disent vouloir fêter Noël ou Nouvel An. Mais près de 8 sur 10 comptent se limiter à la famille restreinte autour de la table, sans que l’on sache toutefois si cela correspond aux membres du foyer - plus un - ou à une sorte de bulle élargie. Seuls 4 % opteront pour la famille élargie, en dépit des règles de limitation en vigueur. À noter aussi qu’un Bruxellois sur dix fêtera Noël entre amis, encore une fois sans préciser le nombre de convives.

Notre sondage : un francophone sur trois s'apprête à refuser le vaccin
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La fiche technique

Ce sondage, commandé par les journaux La Libre, La Dernière heure et L’Avenir, a été effectué par Dedicated sous la direction de Sacha Dumoulin. La sélection des répondants a été réalisée par Internet dans le respect des quotas sur les principaux critères sociodémographiques (genre, âge…) et répartie de façon représentative entre les provinces de Wallonie et sur les communes de la Région de Bruxelles-Capitale.

L’enquête a été effectuée par Internet du 7 au 14 décembre 2020, sur un échantillon strictement représentatif de 706 Wallons âgés de 18 ans et plus et sur un échantillon strictement représentatif de 298 Bruxellois. La durée moyenne d’administration du questionnaire a été de 10 minutes. L’analyse a ensuite été réalisée sur l’échantillon redressé de ces deux populations.

La marge d’erreur sur l’échantillon total est de ± 3,1.

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