Les experts font le point sur l'épidémie: "Les augmentations des contaminations se marquent actuellement plus dans le sud du pays"

Ce mardi, les contaminations au coronavirus continuaient d'augmenter tandis que les hospitalisations étaient en baisse. Nos experts ont fait le point sur la situation épidémiologique lors d'une conférence de presse.

Entre le 26 janvier et le 1er février, il y avait en moyenne 119 nouvelles hospitalisations en Belgique à cause du Covid-19. Cela représente une diminution de 12% par rapport à la période précédente. "Il y a encore toutefois une augmentation dans la province de Namur. Mais les chiffres restent stables et ce également en soins intensifs", précisent les experts.

Les contaminations, autre facteur important de l'épidémie, sont en hausse. Il y a, selon les chiffres publiés par Sciensano ce mardi, 2.323 infections par jour sur la période du 23 au 29 janvier (hausse de 9% par rapport à la semaine précédente). Précisons que le nombre de tests est en hausse (+13%) et que le taux de positivité (5,5%) est stable. "Il y a clairement un lien entre l'augmentation des contaminations et le testing", commente Yves Van Laethem.

Depuis le début de la pandémie, la Belgique a recensé 711.417 contaminations. En tout, 21.124 personnes sont décédées à cause du coronavirus dans notre pays depuis l'apparition du nouveau coronavirus début 2020. Entre le 23 et le 29 janvier, il y a eu une moyenne de 48 décès par jour, soit une diminution de 5,6% par rapport à la période de sept jours précédente. "Par rapport à la première vague, nous restons dans un taux assez important".

Enfin, Sciensano indique que 279.195 Belges ont reçu une première dose du vaccin. Ce chiffre est passé à 285.765 ce mardi midi.

"Le plateau est toujours là. Nous nous y maintenons. Le nombre de contaminations oscille entre 2000 et 2500 par jour. Dans la même période, les hospitalisations et les décès diminuent lentement mais surement", confie Yves Van Laethem. "Grâce aux efforts effectués en continu depuis trois mois, nous pouvons avoir le contrôle sur la situation", poursuit-il.

"L'augmentation des cas se manifeste un peu partout sauf en région de Bruxelles-capitale et à Anvers. C'est la province du Luxembourg qui connait la plus forte augmentation avec 52%. Globalement, les augmentations des contaminations se marquent actuellement plus dans le sud du pays, alors qu'elles l'étaient davantage dans le nord du pays il y a quelques semaines.

Tous les groupes d'âge sont marqués par cette hausse. Ce sont les enfants et les adolescents qui connaissent la plus grosse augmentation. C'est toutefois moins prononcé que la semaine passée. Nous avons plus de cas dans les écoles parce que nous avons mené de vastes campagnes de test", analyse le porte-parole interfédéral.

Le masque recommandé au bureau, les foulards/écharpes sont à bannir

Les experts Steven Van Gucht et Yves Van Laethem ont apporté quelques précisions à propos des masques, suite à la publication d'un avis du RAG. "Les masques jetables ne sont pas meilleurs que les masques en tissus. Ils ne doivent pas remplacer ces derniers. Par contre, les écharpes, foulards, bandanas et autres masques bricolés ne peuvent plus être utilisés comme alternative, leur pouvoir filtrant étant extrêmement aléatoire et insatisfaisant".

Yves Van Laethem a également évoqué le cas des masques FFP2, qui sont obligatoires dans certains autres pays. "En Belgique, ce n'est pas le cas. Déjà, ils sont nettement plus chers. Peu confortables, ils ne peuvent pas être réutilisés par la population. Il est clairement redit que les masques avec un système de ventilation sont interdits. Ce sont des masques typiquement industriels. Ils ont toute leur place dans le milieu industriel mais pas dans ce cas-ci. Ils n'empêchent pas de contaminer votre entourage si vous êtes porteur du virus".

"Nous insistons aussi que ce sont la manière de porter le masque et la fréquence de son port qui sont importants. Nous rappelons donc qu'en Belgique, le masque doit être porté par toutes les personnes de plus de 12 ans dans les classes (pour les élèves et professeurs), les transports, les magasins, les espaces publics ou en plein air quand on ne peut pas avoir cette distance d'un mètre cinquante entre les individus. C'est typiquement le cas dans les rues commerçantes", poursuivent les experts.

Cependant, ils ont fait d'une nouvelle recommandation en Belgique suite à un avis du RAG, qui préconise de porter un masque au bureau, même à plus d'1,5 m. "C'est tout spécialement un conseil si l'on reste longtemps dans un espace qui n'est pas ventilé (comme en hiver) et si l'on y parle beaucoup".

Enfin, les experts ont rappelé comment bien porter son masque, en insistant sur le fait qu'il doit être porté au-dessus du nez et en-dessous du menton. "Quelque chose que nous voyons souvent et qui est difficile à comprendre pour un scientifique, c'est de voir des personnes retirer le masque pour parler ou pour téléphoner. Evidemment, c'est quand on parle qu'on émet le plus de particules. C'est à ce moment-là qu'il y a le plus besoin de le mettre. Si on retire son masque pour fumer ou manger, il faut respecter une distance d'un mètre cinquante avec d'autres personnes", précise Yves Van Laethem.

Les experts ont également confié avoir remarqué que les infections au travail avaient lieu durant les pauses. "Durant la pause cigarette ou déjeuner. On enlève son masque et on bavarde et donc on s'infecte. Il faut prendre des précautions. Soit on prend sa pause seul, soit on la prend en prenant des distances suffisantes", conseillent Steven Van Gucht et Yves Van Laethem.

Pas de masque FFP2 obligatoire en Belgique

Suite aux dispositions prises en Allemagne et en Autriche, les experts ont évoqué le cas de ces fameux masques FFP2. "Il est marginalement plus efficace mais pas de manière très importante. En sens inverse, le masque FFP2 ne protège des gouttelettes en suspensions que dans certaines circonstances et s'il a une forme adéquate à votre visage. Dans certains milieux comme les hôpitaux notamment, on analyse si cette forme adéquate convient bien au visage des individus. Mais dans la population générale, c'est impossible d'analyser ce paramètre. De plus, ils ne sont pas très agréables à porter et l'effort respiratoire est de plus en plus fort lorsqu'on le porte longtemps. Le fait qu'il y ait un inconfort fait que certaines personnes le porteront moins bien ou moins longtemps, ce qui fera perdre toute sa plus-value."

Après l'intervention de Steven Van Gucht et Yves Van Laethem, la parole a été donnée à Dirk Ramaekers qui a évoqué la vaccination en Belgique. "Elle se poursuit sans relâche. Les effets secondaires d'après vaccination sont très légers. Pour certaines personnes, on constate une petite hausse de la température, pour d'autres une simple douleur dans le haut du bras", confie-t-il.

"La vaccination des prestataires de soins a commencé. Dans 40 hôpitaux, on administre les vaccins de Pfizer car ils peuvent y être stockés à très basse température. Dans les autres, le vaccin de Moderna est aussi utilisé. Cette semaine, une livraison de 25.000 doses sera effectuée, au lieu de 31.000 prévus. Cette réduction de livraison n'aura qu'un impact limité sur la campagne de vaccination dans les hôpitaux. D'autres grosses livraisons permettront par la suite de rattraper les retards. Ces vaccins seront administrés en deux doses, à 4 semaines d'intervalle", précise encore Dirk Ramaekers.

Ce dernier a également fait le point sur la campagne générale de vaccination en Belgique. "Actuellement, plus de 280.000 personnes ont été vaccinées soit 3% de la population belge adulte. Par ailleurs, la Belgique dispose d'une avance sur son calendrier initial dans la vaccination des maisons de repos".

Dirk Ramaekers a également expliqué que le Task Force Vaccination était actuellement en attente d'un avis du Conseil supérieur de la Santé qui doit déterminer quels groupes cibles peuvent bénéficier du vaccin d'AstraZenica. Ces derniers, qui rencontrent des problèmes de production, ne devraient pas pouvoir livrer leurs doses de vaccin dans les temps initialement annoncés.

A partir du mois d'avril, le retard actuel devrait être résorbé par les centres de vaccination qui auront trouvé leur rythme de croisière, confie encore Dirk Ramaekers. "Si le calendrier des livraisons est respecté, la phase 2 pourra commencer à la date prévue".

L'impact de la vaccination des maisons de repos mesuré en mars

En fin de conférence de presse, Yves Van Laethem a évoqué le rapport entre les résultats de la campagne de vaccination et les hospitalisations: "Il faut être clair. Ce que nous savons, c'est qu'à partir de 12 jours après la première dose de vaccin, on atteint déjà une protection extrêmement importante durant une certaine période. En étendant ces données aux personnes qui occupent les maisons de repos, celles qui sont massivement vaccinées actuellement, on pourra, d'ici mi-février, voir un premier impact de la vaccination. Mais il est important que ces personnes reçoivent leur deuxième dose pour que leur immunité soit plus durable. Ce sera le cas courant février. Et donc, en mars, 12 jours après l'administration de la deuxième dose, on verra l'impact de la vaccination sur les résidents des maisons de repos."