Yves Van Laethem tempère: "La hausse des contaminations ne veut pas dire que l'épidémie est en train de redémarrer"

Ce mardi, lors d'une conférence de presse, les experts ont fait le point sur la situation épidémiologique belge, rassurant quelque peu la population sur cette petite augmentation des contaminations.

"On continue par des bonnes nouvelles. Les chiffres sont bons. Rien ne laisse présager qu'ils vont augmenter. On devrait passer en dessous de la barre des 500 patients en soins intensifs à la fin de cette semaine", commente d'emblée Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral.

En effet, les chiffres de ce mardi ont confirmé une légère hausse du nombre de contaminations. "Cela ne veut pas dire que l'épidémie est en train de redémarrer", tempère Yves Van Laethem. "On se trouve dans une situation où la semaine de comparaison contient le lundi de Pentecôte. On compare donc des chiffres qui sont difficilement comparables car le nombre de jours sur les deux semaines n'est pas le même. En regardant les chiffres journaliers, on constate toujours une tendance à la baisse. On doit donc s'attendre à ce que la moyenne des contaminations hebdomadaires retourne aussi à la baisse". Précisions également que le nombre de tests est en hausse, ce qui explique qu'on décèle davantage de cas positifs. 

D'ailleurs, le pourcentage de tests positifs continue lentement mais sûrement de diminuer. Les contaminations s'observent davantage chez les adolescents (+29%). Chez les personnes plus âgées, les chiffres continuent à diminuer, ce qui confirme l'impact de la vaccination.

Chez les plus de 90 ans, on observe pour la première fois depuis longtemps une hausse des cas. "Cette augmentation de 23% est à suivre. Cela ne signifie pas que ces personnes sont sévèrement malades. Elles peuvent être uniquement porteuses. Mais c'est très clairement un point à suivre", confie encore le porte-parole interfédéral.

Au niveau des hospitalisations, les nouvelles sont bonnes aussi. Par rapport à la semaine précédente, une baisse de l'ordre de 13% a été observée. "Nous voyons une diminution dans toutes les régions. C'est encore une bonne nouvelle", commente Yves Van Laethem. "A nouveau, si on continue comme cela, on devrait passer sous la barre des 75 hospitalisations quotidiennes vers le 10 juin", précise l'expert qui ajoute encore que les soins intensifs connaissent une légère baisse du nombre de patients pris en charge (542 au total, soit une diminution de 12% par rapport à la semaine précédente).

Les décès chutent également. Entre le 15 et le 21 mai, près de 20 personnes ont perdu, en moyenne, la vie chaque des suites du virus. Cela représente une diminution de 24% sur une semaine. "La semaine précédente, ce chiffre s'évaluait à 27. Les décès concernent pour la plupart des personnes âgées entre 65 et 75 ans mais, là aussi, on observe une diminution qui est de bon augure". 

"La vaccination ne protège pas entièrement"

Ce mardi, le cap des 6 millions de doses de vaccins administrées a été franchi. Comme le révèle Sabine Stordeur, de la Task Force Vaccination, de plus en plus de citoyens acceptent de se faire vacciner. Un taux de vaccination supérieur à 90% est observé chez les plus de 65 ans. "Désormais, place aux jeux pour battre les chiffres des aînés", commente-t-elle. 

En coprésentant les chiffres de la vaccination, Yves Van Laethem a voulu mettre en garde les personnes qui se faisaient vacciner. "La campagne de vaccination avance très bien. Tout nous indique que nous avons une bonne protection contre les contaminations, et ce y compris contre les nouveaux variants. L'impact de la vaccination que nous voyons devrait se confirmer à l'avenir. Mais, une hausse des hospitalisations pourrait avoir lieu fin juin ou début juillet si l'on élargit nos contacts de façon trop débridée en pensant qu'après une dose de vaccin, on est protégé et que tout est terminé", avertit Yves Van Laethem. 

Avant de poursuivre: "Ce n'est pas avant le mois d'août qu'on ne pourra donner deux doses à tous les adultes. Là, nous constatons via nos contacts avec les médecins que certains patients ont été contaminés quelques jours après l'injection de la première dose de vaccin. Celle-ci ne vous protège pas directement. Le corps a besoin de 10, 12, 14 voire 21 jours pour développer des moyens de défense. Dès lors, personne n'est protégé durant les premiers jours après avoir reçu la première dose. Il faut vraiment en tenir compte dans la manière dont on va se comporter après cette première dose. De plus, la deuxième dose apporte ce surcroît de protection vis-à-vis des infections, qu'elles soient sévères ou modérées."


D'ailleurs, une étude anglaise permet de mesurer les effets de la première et de la deuxième doses (venant de Pfizer ou d'AstraZeneca) face aux variants anglais et indiens. Yves Van Laethem a présenté ces chiffres pour égayer ses propos. "Une première dose de Pfizer ou d'AstraZeneca réduit le risque d'infection de 51% par rapport au variant anglais et de 34% par rapport au variant indien. Si on prend deux doses, on arrive à des protections nettement meilleures. On arrive à plus de 60% pour AstraZeneca contre 93% pour Pfizer contre toutes les formes de la maladie. Pour les formes les plus sévères, les pourcentages grimpent jusqu'à un seuil de protection allant de 80 à 90%. En résumé, nous vous conseillons de garder des mesures de précaution et ne croyez pas qu'après votre première dose, vous pouvez faire n'importe quoi. Il faut donner un peu de temps au vaccin pour vous donner une bonne protection.", conclut le porte-parole interfédéral.