Erika Vlieghe craint un relâchement trop rapide des mesures: "Je pense qu'il faudra en reconsidérer certaines pendant l'hiver"

Pour la virologue, ce serait dommage de gâcher tous les efforts consentis en relâchant les mesures trop rapidement.

La virologue et présidente du Gems était l'invitée de Maxime Binet ce lundi matin dans l'émission "Il faut qu'on parle" sur DH Radio.

Celle-ci est d'abord revenue sur l'actualité la plus récente : la découverte ce dimanche du corps de Jürgen Conings qui avait notamment proféré des menaces de mort contre son collègue virologue Marc Van Ranst. Erika Vlieghe a un sentiment ambigu face à cette découverte. "D'une part, on ne peut jamais se réjouir de la mort de quelqu'un, cet homme avait une famille", souligne la virologue. "D'autre part il est bon que cette affaire puisse enfin se clôturer".

La présidente du Gems n'a elle-même jamais été sous les radars de Jürgen Conings mais a elle aussi reçu de nombreuses menaces lors du pic de l'épidémie.

"Je crains que nous déconfinions trop vite"

Concernant l'évolution de l'épidémie, la virologue ne partage pas l'optimisme du Premier ministre lors du dernier Comité de concertation. "Je crains que nous déconfinions trop vite", alerte-t-elle. "Il y a un décalage entre ce qui est dit et ce qui est réellement fait par les gens". Celle-ci fustige les annonces telles que la levée de toutes les restrictions et appelle à avancer par étape pour laisser le temps à la vaccination de maîtriser l'épidémie jusqu'en automne et en hiver. "Je comprends bien que la politique doit prendre en compte certaines choses mais nous continuerons de pointer les situations qui ne sont pas prudentes".

Selon la virologue, la levée totale des mesures devrait plutôt se faire vers la fin de l'été prochain. "Il nous faut gérer de manière durable ce virus et pas seulement pendant l'été", pointe-t-elle. Au point d'un retour en arrière ? "Je pense qu'il faudra reconsidérer certaines mesures pendant l'hiver comme le port du masque et des règles en intérieur". L'expert souligne également l'importance de mesures de longue durée telle que la ventilation.

La virologue a tenu à adresser le traditionnel carton rouge à l'absence de prudence, notamment dans les déclarations du dernier Codeco. "Cela serait dommage de tout gâcher en lâchant trop vite", insiste-t-elle. Son carton vert est quant à lui adressé à la campagne de vaccination. "Grâce à elle, la situation a changé par rapport à l'année passée".

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