Laetitia Genin, coordinatrice d'une association féministe: "Nous réclamons plus de moyens des institutions pour lutter contre le sexisme dans l'espace public"

Pour Laetitia Genin, coordinatrice de l'association féministe "Vie Féminine", les moyens mis en place ne sont pas suffisants pour lutter contre le sexisme en rue.

Rédaction

Selon une étude récente de l'organisation 'Plan International', une femme sur trois a déjà subi des attouchements non désirés. Ces chiffres inquiétants n'étonnent pas Laetitia Genin, coordinatrice de l'association "Vie Féminine". "Cela donne l’impression que l’on ne veut pas lutter contre ces phénomènes efficacement. Lorsque l’on parle du sexisme en rue, ce ne sont pas des petits faits isolés. Mais un système de domination qui tend à donner le pouvoir aux hommes contrairement aux femmes. Et c’est cela que nous devons combattre" commence-t-elle.

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Selon elle, la loi anti-agression de 2014 n'est pas suffisante. Elle pointe le problème: "Pour encourir une peine d'emprisonnement, il faut prouver que l'on est une victime. Puis ensuite reconnaître l'auteur avec certitude. Pour être 'reconnu', il y a toute une série de conditions qui rendent les procédures longues et difficiles. A présent, il faut une loi d'engagement et non une loi d'intention."


En sept années, cette loi a conduit à... un seul emprisonnement. Comment faire dès lors pour combattre ce phénomène récurrent? "Déjà, il faut éviter la banalisation. Cette normalisation nuit à la volonté des femmes de porter plainte. Ensuite, il faut adopter un discours encouragent pour se sentir tous concernés par les violences faites aux femmes. Individuellement et collectivement avec un plan national par la sensibilisation en passant par de la formation."

Pour tout cela, Laetitia Genin demande davantage de moyens... même si elle reconnaît déjà une forme de progrès. "Avec certains mouvements, comme Me too, nous avons progressé au niveau du débat public. Mais la normalisation est toujours bien présente. Les institutions aussi ont donné plus attention aux phénomènes sexistes. Mais cela ne suffit clairement pas. Pour contrecarrer le sexisme de rue et aider les victimes, il faut dégager des moyens nécessaires. Et là-dessus, j’appelle la classe politique et les institutions belges à plus d’attention et de considération."

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