Au vu de la lenteur de sa campagne de vaccination, Bruxelles pourrait donner des doses à la Wallonie et à la Flandre

La vaccination avance moins vite à Bruxelles qu'ailleurs en Belgique, pour diverses raisons, et aussi paradoxal que cela puisse paraître à première vue, la capitale pourrait avoir à donner de ses doses de vaccin à la Wallonie et à la Flandre.

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© Belga
Ad.R.

D'après les derniers chiffres du tableau de bord de Sciensano, 75,6% des adultes belges ont déjà reçu au moins une dose de vaccin anti-covid (ce qui donne 60,9% de la population globale). La campagne de vaccination avance donc, à un rythme plus ou moins similaire au nord et au sud du pays: la Wallonie a vacciné 72% de sa population adulte, et la Flandre 81%. Seule Bruxelles avance plus lentement, car "seulement" 54% des adultes ont reçu au moins une injection.

Un retard qui est imputable à plusieurs facteurs, notamment le fait que la capitale a vacciné de nombreux non-résidents bruxellois. Environ 130.000 doses de vaccin ont été administrées à des personnes vivant en Flandre et en Wallonie, doses que le ministre bruxellois Alain Maron a réclamé à plusieurs reprises à la Flandre et à la Wallonie. Mais ces dernières ne lui ont pas été "rendues" jusqu'à maintenant. Et c'est d'ailleurs peu probable que cela se produise. L'Echo note en effet que ce serait même plutôt Bruxelles qui serait bientôt amenée à donner de ses vaccins aux deux autres régions belges.

En effet, la vaccination semble ralentir encore un peu dans la capitale, car le tour des jeunes est arrivé et ils ne se bousculent pas aux portes des centres. Depuis que les 18 à 30 peuvent se faire vacciner, seuls 20% d'entre eux ont pris rendez-vous directement pour recevoir le vaccin, alors que le pourcentage était de 30 à 40% pour les groupes plus âgés, rappellent nos confrères. Et ce faible succès pour la vaccination chez les jeunes entraîne un stock grandissant de doses de vaccin dans les centres bruxellois. À tel point donc que la Flandre souhaiterait que les vaccins bruxellois soient répartis là où la campagne avance mieux.

Cela sera analysé dans les jours à venir par le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke notamment, qui n'écarte pas la possibilité d'une redistribution des doses bruxelloises en Flandre et en Wallonie. Dans la capitale, on n'est étonnamment pas contre. "S’il s’avère dans deux semaines que nous avons vraiment un stock important, c’est bien entendu envisageable", a affirmé la responsable de la vaccination à Bruxelles Inge Neven. Mais elle a précisé également que, dans un premier temps, la capitale va tout faire pour attirer un maximum de Bruxellois dans les centres de vaccination, avant de voir si un trop-plein de vaccins se constitue. 

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