Comment expliquer le haut taux de contaminations au Covid-19 après un voyage à l'étranger? "Il y a une faille dans le système"

Malgré l'important système de tracing mis en place au retour d'un séjour à l'étranger, certains Belges continuent de passer à travers les mailles du filet.

Comment expliquer le haut taux de contaminations au Covid-19 après un voyage à l'étranger? "Il y a une faille dans le système"
©BELGA

Après une évolution sanitaire favorable durant plusieurs semaines, les nouveaux cas de coronavirus repartent désormais à la hausse depuis quelques jours. Si le variant Delta, réputé plus virulent, est pointé du doigt, les voyages à l'étranger inhérents à ce début de vacances d'été sont également responsables d'un certain nombre de nouvelles contaminations.

Selon Jan De Maeseneer, professeur de Médecine générale à l'université de Gand, les voyages représentent d'ailleurs actuellement la source principale de nouvelles infections au Covid-19. Pourtant, un important dispositif - composé notamment du formulaire PLF à remplir et de la mise à jour régulière de la carte européenne des voyages - est mis en place par les autorités pour guider au mieux les voyageurs et éviter ces contaminations lors d'un séjour à l'étranger.

Pour Jan De Maeseneer, interrogé au micro de la VRT, il existe en fait une faille dans le système actuel: le moment du testing.

"Les voyageurs devraient être testés sur place, avant de pouvoir monter dans un avion et rentrer en Belgique", justifie l'universitaire. "Pour le moment, on parle beaucoup de ces jeunes contaminés en Espagne, mais le problème existe depuis longtemps. Il y a une semaine, par exemple, huit personnes ont été testées positives après leur retour d'Espagne. Ils avaient donc pris l'avion pour rentrer en Belgique en étant positifs au Covid-19. C'est seulement ici qu'ils ont été testés et que l'on a découvert leur contamination".

"Le sens des responsabilités"

S'il est demandé aux Belges de retour d'une zone rouge de se faire tester le jour-même de leur arrivée en Belgique, beaucoup ne le font pas, ou attendent quelques jours avant de se plier à cette exigence. Résultat: les vacanciers ont pu contaminer d'autres personnes de leur foyer ou de leur entourage entre-temps.

L'obligation de présenter un test PCR négatif avant de rentrer en Belgique, comme c'est le cas pour les non-résidents en provenance d'un pays à haut risque, pourrait ainsi éviter un nombre important de contaminations. Mais il est peu probable que cette mesure soit imposée prochainement. En attendant, Jan de Maeseneer en appelle à la responsabilité de chacun: "Le sens des responsabilités de chaque individu est très important. Il semble parfois que nous n'ayons toujours pas compris comment faire face à une pandémie et surtout à un virus comme la variante delta. Le virus gagnera toujours si nous nous comportons de manière irresponsable. "

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