Le ministre Daerden se veut rassurant sur les finances de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Quinze jours après avoir estimé que la situation budgétaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles n'était "pas tenable", le ministre du Budget Frédéric Daerden s'est montré nettement plus rassurant mardi lors du débat en séance plénière sur l'ajustement du budget 2021 de l'entité.

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"Si la situation budgétaire n'est pas simple" (...), il ne faut pas être "inutilement alarmiste", a plaidé le socialiste devant les députés. "Les salaires et les subventions seront bien payées!", a-t-il lancé, tout sourire.

Dépourvue de tout pouvoir fiscal, la Fédération Wallonie-Bruxelles a vu ses recettes se comprimer en raison du ralentissement économique provoqué par la crise sanitaire. Une crise qui en même temps l'a contrainte à augmenter sensiblement ses dépenses pour aider les différents secteurs relevant de ses compétences (écoles, culture, médias, sports) à traverser la tempête.

Ainsi, après un dérapage de près de 2 milliards l'an dernier, la Fédération prévoit un nouveau déficit d'un milliard d'euros cette année.

Pour équilibrer ses comptes, l'entité prévoit d'emprunter 1,4 milliard d'euros sur cet exercice, alimentant les craintes sur la soutenabilité de sa dette qui devrait doubler sous cette législature.

Il y a quinze jours, lors du débat en commission sur l'ajusté, M. Daerden avait jugé que la situation de la Fédération n'était "pas tenable". Des propos qui avaient alimenté pas mal de commentaires et relancé les spéculations sur une prochaine régionalisation des compétences de la FWB.

Mais mardi, devant la séance plénière, M. Daerden a quelque peu changé de ton. "Je veux rassurer. La Fédération Wallonie-Bruxelles emprunte comme tout le monde. Et ce n'est pas dramatique d'emprunter. Notre situation est loin d'être unique. Toutes les entités expérimentent des difficultés pour le moment", a-t-il souligné.

Si la FWB va effectivement devoir emprunter 1,4 milliard d'euros cette année, sa situation est bien moins dramatique que la Région wallonne "dont le besoin de financement est trois fois supérieur au nôtre!", a insisté M. Daerden.

Celui-ci a répété que les taux historiquement bas permettaient de limiter le service de la dette. La FWB conserve par ailleurs la confiance des marchés financiers, a-t-il encore souligné.

Essentiellement de nature technique, cet ajusté 2021 prévoit néanmoins près de 60 millions d'euros de dépenses complémentaires pour soutenir les différents secteurs de la FWB à faire face à la crise sanitaire.

Dans l'opposition, le PTB a déploré mardi des dépenses encore insuffisantes à la lumière des besoins, malgré le dérapage constaté.

Pour la formation marxiste, il convient d'augmenter les ressources de la FWB. Et pour y parvenir, elle préconise une révision de la loi de financement des Communautés.

Citant nommément les bénéfices réalisés durant la crise sanitaire et les dividendes versés par le groupe de distribution Colruyt, la cheffe de groupe pétébiste Alice Bernard a jugé que "l'argent est là!".

"Il faut un mécanisme plus solidaire pour créer des places de crèches, rendre l'enseignement gratuit et relancer la culture", a-t-elle plaidé.

Jugeant les moyens consacrés par la FWB à la lutte contre les violences envers les femmes insuffisants, le parti a déposé dans la foulée un amendement proposant de réduire de moitié les salaires des députés de la FWB, ce qui permettrait, selon le PTB, de dégager 3 millions d'euros annuels pour financer des actions dans ce domaine.

Aussi sur les bancs de l'opposition, le cdH, par la voix de sa cheffe de groupe Alda Greoli, s'est inquiété de la trajectoire budgétaire de la FWB. L'ancienne ministre a néanmoins salué le courage du ministre Daerden qui, quinze jours auparavant, avait reconnu les difficultés financières de la FWB.

"La dette de la Fédération est ingérable et dangereuse, mais celles de la Région wallonne et de la Région bruxelloise le sont encore plus!", a-t-elle lancé. La Liégeoise a aussi loué "la première amorce d'un refinancement de l'enseignement supérieur" prévue par la majorité arc-en-ciel.

Enfin, pour DéFI, Joëlle Maison, a focalisé son intervention sur la décision du gouvernement de réduire les budgets alloués au programme Français Langue d'Apprentissage (FLA), un dispositif destiné à soutenir les élèves -souvent issus de milieux défavorisés- qui maîtrisent mal la langue française.

Les différents députés de la majorité qui ont pris part au débat mardi ont, sans surprise, tous salué le contenu de l'ajustement budgétaire.

Le vote sur l'épure est attendu mercredi après-midi à l'occasion d'une nouvelle séance plénière.

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