Intempéries: comment les communes s'organisent-elles pour évacuer les nombreux débris?

Chênée, Verviers, Angleur… Partout où l’eau s’est retirée, l’heure était à la désolation, vendredi, en province de Liège et dans les autres régions inondées. Troncs d’arbres, carcasses de voitures, lambeaux de tissus, de cartons et de papiers, meubles en pièces, appareils électroménagers et autres objets divers : les détritus s’amoncellent.

Les déchets s’amoncellent à Verviers, une des localités fortement touchées par les inondations.
Les déchets s’amoncellent à Verviers, une des localités fortement touchées par les inondations. ©JC Guillaume

La récolte ordinaire des déchets est une prérogative communale. Logiquement, ce sont donc les communes qui sont en première ligne en ce moment (même si, en gestion de crise, d’autres niveaux de pouvoir interviennent, notamment financièrement). Ainsi voit-on les ouvriers communaux s’activer, depuis plusieurs heures, pour déblayer en urgence ce qui pourrait causer un danger ou empêcher que les véhicules de secours, en particulier, puissent accéder partout. Vu les circonstances, les autorités communales ont aussi la main pour organiser des collectes en plus.

Soixante conteneurs en province de Liège

À la demande des bourgmestres, les intercommunales de gestion des déchets peuvent mettre à leur disposition des moyens supplémentaires. C’est déjà le cas, depuis plusieurs heures, avec de gros conteneurs déployés dans certains quartiers. "Une vingtaine de communes ont fait appel à nous : nous allons installer une soixantaine de conteneurs d’ici dimanche", confirme Jean-Jacques De Paoli chez Intradel, l’intercommunale de gestion des déchets en province de Liège. Les circonstances exceptionnelles demandent de s’adapter et de trouver des solutions au fur et à mesure. "Pour pouvoir affecter ce matériel au suivi des inondations, nous devons interrompre le dépôt de déchets verts pour l’instant", ajoute-t-il.

Les communes utilisent les conteneurs comme elles l’entendent, en fonction des besoins. "On peut imaginer, par exemple, que les équipes communales, parfois aidées par la protection civile, l’armée ou les pompiers, décident de mettre les gravats et autres briques dans un conteneur et les déchets en bois dans un autre", explique encore Jean-Jacques De Paoli. "Ou alors, tout est ramassé en même temps, face à un énorme amas de détritus mélangés." Les "collecteurs" vont rouler tout le week-end, amenant ces cargaisons soit à l’incinérateur, soit au centre d’enfouissement. "Tous les lieux disponibles pour recevoir des déchets seront utilisés", confie-t-il encore . "Sur place, le personnel spécialisé, habitué, effectuera un dernier check visuel pour vérifier que tout est normal."

Quand c’est possible, les débris peuvent aussi être triés et déposés dans les recyparcs par les habitants ou les volontaires venus leur prêter main-forte. "Exceptionnellement, nos 27 recyparcs seront ouverts lundi, jour habituel de fermeture", annonce Jean-Jacques De Paoli. "Les quotas maximum à ne pas dépasser seront d’ailleurs supprimés pour l’occasion."

Reste la question des voitures. "Il existe en Belgique une obligation de reprise des véhicules hors d’usage par les concessionnaires", nous rappelle-t-on au cabinet de la ministre wallonne de l’Environnement, Céline Tellier (Écolo). Des adaptations seront-elles nécessaires vu le grand nombre de véhicules concernés à la fois ? À suivre dans les semaines à venir.

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