PS et Ecolo menacent de faire tomber le gouvernement en cas de décès d'un gréviste sans-papier

Alors que la situation devient critique pour les centaines de sans papiers en grève de la faim à plusieurs endroits de Bruxelles, Pierre-Yves Dermagne a fait une déclaration qui a fait l'effet d'une bombe.

Selon Le Soir, le vice-Premier ministre PS a déclaré au bureau de son parti, ce lundi matin, que les ministres et secrétaires d'État socialistes démissionneront en cas de décès d'un sans-papiers. Il l'a également fait savoir à ses collèges du gouvernement, lors d'un kern (conseil des ministres restreints), qui se tenait lundi matin également, affirmant que si un sans-papiers venait à décéder, "les socialistes présenteraient leur démission dans l'heure". Cela vaut donc pour lui-même, Karine Lalieux (Pensions), Ludivine Dedonder (Défense), et le secrétaire d'État Thomas Dermine.

L'information est confirmée par des sources socialistes et gouvernementales.

Ecolo sur la même longueur d'onde

Jean-Marc Nollet, coprésident d'Ecolo, a de son côté annoncé sur Twitter que "Nos actes seront bien entendu posés en pleine cohérence avec nos propos et nous l’avons fait savoir dès hier au Premier ministre. Nous continuons à travailler à des solutions plus qu’urgentes au vu de la situation".

Contacté par nos confrères du Soir, le porte-parole des Verts a confirmé que les ministres Ecolo menacent de démissionner.

Le ministre des Finances, Vincent Van Peteghem, assure quant à lui qu'une démission ne permettra pas d'arriver à la fin de la grève de la faim. "Il est important de trouver des solutions pour mettre fin à cette grève", assure-t-il.


Le MR et le CD&V de la Ville de Bruxelles demandent au bourgmestre d'agir sans délai

Le MR et le CD&V de la Ville de Bruxelles ont demandé lundi au bourgmestre Philippe Close de prendre ses responsabilités dans le dossier des sans-papiers en grève de la faim. "Sur base d'éléments relatifs aux pouvoirs du bourgmestre et à l'assistance à toute personne en danger, le bourgmestre de la Ville de Bruxelles est en mesure d'agir et de réagir face à la situation des sans-papiers en grève de la faim. Ce drame humanitaire doit prendre fin. Les grévistes doivent être soignés urgemment", a commenté le chef du groupe MR au conseil communal, David Weytsman.

Pour lui, "botter en touche et s'en remettre uniquement au gouvernement fédéral n'est pas acceptable".

Aux yeux de Bianca Debaets (CD&V), le gouvernement fédéral "a déjà pris de nombreuses mesures dans ce dossier. Il est essentiel de trouver une solution avant un drame. Philippe Close a tout en main pour l'éviter sur base d'un arrêté de police. Dans tous les cas, le bourgmestre doit prendre ses responsabilités".

Un décès peut survenir à tout moment

Cela fait deux mois que près de 500 sans-papiers sont en grève de la faim dans l’espoir de voir leur présence en Belgique être régularisée. Certains ont même entamé une grève de la soif il y a quelques jours. Leur état de santé ne cesse de se détériorer et devient alarmant. Parmi les 450 sans-papiers répartis dans l'église du Béguinage, dans les locaux de l'ULB et de la VUB, beaucoup sont dans un état critique. Selon les équipes médicales présentes sur place, et notamment Médecins du Monde, un décès peut survenir à tout moment.

Si l’accord de gouvernement ne prévoit pas de régularisation collective, le PS, ainsi que les verts d’Écolo-Groen demandent depuis plusieurs semaines au secrétaire d’État en charge de l’Asile et la Migration, Sammy Mahdi (CD&V), de trouver une solution alternative pour ces personnes. Leurs appels sont restés vains pour le moment. Le PS et Ecolo brandissent à présent la menace d’une chute du gouvernement en cas de décès d’un sans-papiers.

Le Premier Ministre Alexander De Croo réagit

En marge du comité de concertation de ce lundi 19 juillet dédié à la gestion de la crise sanitaire, le Premier ministre Alexander De Croo s'est également exprimé sur le dossier des sans-papiers grévistes de la faim de l'Eglise du Béguinage. Réfutant l'affirmation faisant part de "l'inaction du gouvernement", détaillant point par point les initiatives prises par le Secretatire d'Etat à la Migration Sammy Mahdi ("qui a toute ma confiance dans ce dossier"), il a également commenté l'initiative de PS et d'Ecolo, qui ont menacé de démissionner en cas de décès d'un gréviste sans-papier. "La dernière chose dont notre pays, meurtri, a besoin en ce moment est d'une crise politique. Notre travail est de trouver des solutions, pas de créer des problèmes", a-t-il notamment déclaré.

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