"Ils se remplissent les poches sur le malheur des autres": les sinistrés des inondations volés par des charognards

Certains n’hésitent pas à venir se servir dans les biens des victimes des intempéries.

"Ils se remplissent les poches sur le malheur des autres": les sinistrés des inondations volés par des charognards
© BELGA

Quel est le point commun entre les communes de Chaudfontaine, Court-Saint-Étienne, Hamoir, Kinkempois, Ottignies-LLN, Pepinster ou encore Verviers ? En plus d’avoir été durement impactés par les inondations meurtrières de la semaine passée, ces villes et villages doivent aujourd’hui faire face à des individus peu scrupuleux qui, alors que les sinistrés, gants et raclettes à la main, tentent de rendre comme ils le peuvent leurs maisons habitables, en profitent pour leur dérober le peu qu’il leur reste.

Le soir des inondations, la Ville de Verviers avait déjà dû mettre en place un couvre-feu pour empêcher les pillards d’agir tandis qu’à Pepinster, certains voleurs avaient notamment tenté d’emporter des bouteilles d’alcool d’un supermarché sous eau. Désormais, ces charognards font le tour des quartiers pour tenter d’emporter ce qui a encore de la valeur. "On ne peut pas vraiment parler de pillage, confie une commissaire de la zone de police Orne-Thyle qui couvre les communes de Chastre, Court-Saint-Étienne, Mont-Saint-Guibert, Villers-la-Ville et Walhain. Disons plutôt qu’on a affaire à des vols d’opportunité."

Concrètement, des individus, se déplaçant souvent en camionnette, circulent dans les rues sinistrées dans l’unique but d’y fouiller les encombrants destinés à être jetés pour en récupérer, notamment, la ferraille. Certains d’entre eux en profitent alors pour repartir avec des objets non destinés aux encombrants mais que les sinistrés sortent dans leurs jardins ou sur le trottoir le temps de nettoyer l’intérieur de leur habitation ou pour faire sécher ces derniers.

Au moment de rentrer ces meubles ou électroménagers à l’intérieur, ceux-ci ont disparu. "Il est déjà très désagréable de voir que des gens fouillent dans nos affaires, même si elles sont à jeter, sans nous en demander l’autorisation ni même nous proposer leur aide mais c’est encore plus insupportable qu’ils se servent dans des affaires qui ont encore de la valeur ou qui nous sont encore utiles", confie une Stéphanoise.

Des vols d’opportunité qui concernent de nombreuses communes sinistrées. Au sein de la zone de police des Fagnes (Jalhay, Spa, Theux), on confirme le phénomène. "Le malheur des uns fait malheureusement le bonheur des autres, nous y confie-t-on. Des patrouilles font régulièrement des rondes dans les quartiers sinistrés mais on ne peut pas être partout en même temps. Certains habitants ont donc mis en place un système de rondes pour surveiller le quartier. Mais il est parfois difficile pour la police de savoir qui fait quoi."

Lundi, le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer, prenait même une ordonnance de police visant à interdire… les pillages tandis que la Ville d’Esneux a reçu des renforts du fédéral pour organiser des rondes nocturnes. Des voleurs qui n’hésitent pas à entrer dans des habitations sinistrées, peu importe leur instabilité. "Nous ne pouvons malheureusement que constater que des vols ont bien eu lieu au sein même des habitations", confirme-t-on au sein de la zone de police Secova (Aywaille, Chaudfontaine, Esneux, Sprimont et Trooz).

Ce qui fait fulminer les sinistrés : "Quand on a tout perdu et qu’on voit des gens qui viennent se servir dans nos affaires, dans nos maisons, c’est une douleur supplémentaire de voir que certains se remplissent les poches grâce au malheur des autres."

Par ailleurs, il semblerait que des personnes peu scrupuleuses aient également infiltré certains groupes de solidarité afin de récupérer des objets initialement dédiés à aider les sinistrés.

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