L'annulation du festival Pukkelpop, "une décision difficile, mais la plus sûre", selon Erika Vlieghe

La décision d'annuler le Pukkelpop cette année a suscité de nombreuses réactions de déception et de colère sur les médias sociaux.

L'annulation du festival Pukkelpop, "une décision difficile, mais la plus sûre", selon Erika Vlieghe
©Reporters / QUINET

"Je comprends que cela a durement touché de nombreuses personnes", confie Erika Vlieghe, infectiologue et présidente du GEMS. "Cela aura sans doute été une décision difficile mais, à mon avis, c'est la bonne." Vendredi matin, l'organisation de Pukkelpop a annoncé que l'édition de cette année n'aura finalement pas lieu. C'est surtout la mise en œuvre pratique du Covid Safe Ticket qui a suscité des inquiétudes. Grâce à ce document, les visiteurs auraient pu assister au festival sans avoir besoin de porter un masque buccal ou de respecter les règles de distance. Pour cela, ils auraient dû être entièrement vaccinés, présenter un test PCR négatif datant de moins de 48 heures ou présenter un test rapide datant de moins de 24 heures. Étant donné que le Pukkelpop attire principalement un public jeune, et donc non vacciné, cela signifierait que des milliers de personnes devraient subir un nouveau test de dépistage pendant le festival, qui s'étale sur plusieurs jours. Et c'était un défi irréalisable dans la pratique, selon le Pukkelpop.

Erika Vlieghe comprend la décision de l'organisation d'annuler le festival cette année. "Il n'est pas facile d'organiser correctement et en toute sécurité un événement d'une telle ampleur, car il nécessite de nombreux tests. Nous avons également constaté aux Pays-Bas qu'il est difficile d'organiser avec succès un événement de masse sûr", rappelle-t-elle. L'infectiologue parle donc d'une "décision difficile, mais sûre" de la part des organisateurs.

La présidente du GEMS elle-même n'avait jamais été une grande partisane d'un événement de masse en août avec des dizaines de milliers de visiteurs, dont beaucoup n'auraient pas été vaccinés ou pas entièrement. Le groupe d'experts qui conseillle les autorités avait déjà fait savoir que la proposition du gouvernement de rendre les grands festivals possibles à partir de la seconde moitié de l'été était "complètement à l'opposé" de ce qu'il avait proposé. "La campagne de vaccination n'est pas complètement terminée, puisque seulement la moitié des Belges ont été complètement vaccinés. La situation est encore très fragile à l'heure actuelle et un festival de masse rassemble de nombreuses personnes, ce qui représente un risque énorme", soutient ainsi Erika Vlieghe.

L'infectiologue envisage l'avenir avec optimisme et espère que l'année prochaine, nous pourrons à nouveau profiter des festivals et autres grands événements. "Je comprends que les gens soient très déçus en ce moment et il est douloureux de réaliser qu'une pandémie ne se termine pas du jour au lendemain, mais les choses vont s'améliorer progressivement. La situation est déjà complètement différente de celle d'il y a un an, et dans les mois à venir, à mesure que davantage de personnes seront vaccinées, elle s'améliorera encore", conclut-elle.

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