La plus grande action jamais entreprise contre le trafic de cigarettes en Belgique a eu lieu (PHOTOS)

Les services des douanes ont effectué mercredi des descentes dans 10 endroits où ils soupçonnaient la production et/ou le stockage de cigarettes illégales.

Belga

Il s'agit de la plus grande action jamais entreprise en Belgique dans la lutte contre les cigarettes de contrefaçon. Au cours de cette journée d'action, 45 personnes au total ont été privées de leur liberté, dont certaines étaient déjà connues pour des infractions similaires dans d'autres États membres européens, précisent mercredi soir les douanes dans un communiqué. La plupart d'entre eux ont la nationalité ukrainienne. Selon les autorités douanières, de plus en plus de bandes venues d'Europe de l'Est choisissent la Belgique pour fabriquer illégalement des cigarettes et leur donner l'apparence de cigarettes de marques connues. À l'origine de ce phénomène, une combinaison de facteurs, notamment l'augmentation des accises sur les produits du tabac au sein de l'Union européenne et le renforcement de la sécurité du commerce des cigarettes de marque originale. La vente de cigarettes de contrefaçon permet d'échapper à de nombreux droits d'accises. Les cigarettes saisies dans notre pays sont traditionnellement destinées en grande partie aux marchés français et britannique.

Les descentes de mercredi sont le résultat de plusieurs mois de recherches préparatoires en coopération avec l'Office européen de lutte antifraude (OLAF) et Europol. Soutenus par les forces de police locales, 150 douaniers ont effectué des descentes à 10 adresses à Bree, Aartselaar, Tongres, Eeklo, Drogenbos, Charleroi, Leuze-en-Hainaut et Frasnes-lez-Anvaing. À Aartselaar (province d'Anvers), notamment, un grand site de production installé dans un hangar près de l'A12 servait à transformer le tabac brut en cigarettes. La douane y a procédé à l'interpellation de 17 personnes, qui logeaient sur place.

"Ici, le tabac est séché dans des machines, écrasé et inséré dans le papier", explique Kristian Vanderwaeren, patron de la douane belge. "Ensuite, le filtre est fixé et le produit final est emballé, après quoi il peut être mis sur le marché. Différentes marques sont imitées, mais il s'agit toujours du même produit avec une étiquette différente."

Kristian Vanderwaeren souligne que les cigarettes illégales ne posent pas que des problèmes d'accises. "C'est un problème fiscal, mais aussi un problème de santé", explique-t-il. "La qualité du tabac est très mauvaise, il peut contenir des métaux lourds et le filtre n'est pas de bonne qualité. Ces cigarettes sont très bon marché, mais très mauvaises pour la santé. Donc, en tant que consommateur, ne les achetez pas." Les douanes affirment que les cigarettes illégales sont surtout vendues en ligne, ce qui est interdit en Belgique, et peuvent être identifiées par leur prix, beaucoup plus bas que celui auquel sont proposées des cigarettes de marques.

D'autres sites de production ont également été trouvés à Tongres, Eeklo et Frasnes-lez-Anvaing où, entre autres, 23 palettes de tabac coupé ont été trouvées. Des perquisitions ont aussi été effectuées dans trois entrepôts à Bree, dans le Limbourg. Dans un entrepôt à Charleroi, 27,72 tonnes de tabac brut ont notamment été découvertes.

Selon une première estimation, plus de 28 millions de cigarettes ont été saisies, mais l'inventaire est toujours en cours. Cette quantité de cigarettes correspond à un montant éludé de plus de 10 millions d'euros en droits d'accises, droits d'accises spéciaux et TVA.

En outre, 75,32 tonnes de tabac ont jusqu'ici été inventoriées, correspondant à plus de 11 millions d'euros d'accises, accises spéciales et TVA, indiquent encore les douanes mercredi soir. Le tabac saisi à Frasnes-Lez-Anvaing n'a pas encore été inventorié.