Les régions les plus avancées en termes de vaccination pourraient-elles assouplir plus rapidement les mesures anti-covid?

Selon Marc Van Ranst, les régions disposant d'une couverture vaccinale plus importante devraient pouvoir procéder à un assouplissement des mesures contre le coronavirus de manière anticipée.

Les régions les plus avancées en termes de vaccination pourraient-elles assouplir plus rapidement les mesures anti-covid?
© AFP
E.L

En ce début du mois d'août, la Belgique fait figure de bon élève en termes de vaccination. En effet, avec 83% de sa population adulte ayant déjà bénéficié d'une 1ère dose de vaccin - parmi lesquels 75,2% sont entièrement vaccinés, notre pays se classe en 5e position dans le ranking européen.

Toutefois, des différences notables restent observables entre les différentes régions du pays. En Flandre, 90% des plus de 18 ans ont déjà reçu leur première injection, contre 78% en Wallonie et 62% à Bruxelles. Concernant la population adulte doublement vaccinée, la Flandre fait logiquement la course en tête avec 79%, pour 73% en Wallonie et seulement 56% à Bruxelles.

Si ces disparités régionales peuvent s'expliquer par le rythme de la campagne de vaccination ou encore l'adhésion vaccinale, certains experts estiment qu'elles devraient également être prises en considération lors de l'entrée en vigueur ou la levée de certaines mesures anti-covid.

"Pas illogique"

Selon Marc Van Ranst, il ne serait pas "illogique" que les régions ayant une couverture vaccinale plus élevée puissent alléger leurs mesures plus rapidement. "Les différences entre les régions sont particulièrement importantes. On aimerait, bien sûr, que les mesures soient les mêmes pour tout le pays, mais dans la situation actuelle, ces différences pourraient probablement jouer un rôle à un moment ou à un autre", détaille l'expert à la VRT, avant toutefois de concéder que ces décisions restent du ressort politique.

Faire preuve de cohérence

Alors quelles mesures la Flandre pourrait-elle assouplir avant la Wallonie et Bruxelles? Pour Marc Van Ranst, il faut faire preuve de cohérence. "L'utilisation du masque buccal est une mesure dont on pourrait facilement se débarrasserdans une région et pas dans l'autre", explique-t-il. "Mais si l'on décide de rouvrir les discothèques en Flandre, par exemple, il est évident que les Bruxellois vont venir en masse à Vilvorde pour en profiter. C'est quelque chose que nous devons éviter".

En outre, de telles décisions pourraient, selon le virologue de la KUL, encourager les responsables politiques des régions à la traîne à mener leur campagne de vaccination avec encore davantage de rapidité. "Non pas qu'il y ait un manque d'enthousiasme. Mais il y a encore une véritable marge de progression à certains endroits", pointe l'expert flamand.

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