Le féminicide n'est pas un "risque du métier" des travailleuses du sexe

Le meurtre d'une femme à Marcinelle, lundi, ne doit pas connaître un traitement différencié parce que la victime était travailleuse du sexe, mettent en garde vendredi les associations Utsopi, Espace P Charleroi et Entre 2 Wallonie.

Le féminicide n'est pas un "risque du métier" des travailleuses du sexe
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Belga

"Nous attendons que tous les moyens soient mobilisés afin que la lumière soit faite sur ce féminicide, qui doit être traité comme tous les autres, et que l'enquête à Charleroi se poursuive avec cette détermination", clament-elles dans un communiqué.

Le 30 août, une travailleuse du sexe (TDS) d'origine sud-américaine a été tuée dans un appartement à Marcinelle, près de Charleroi. Une seconde femme, également travailleuse du sexe, a été attaquée à l'arme blanche dans le même appartement et grièvement blessée.

"Les féminicides visant des TDS sont parfois banalisés, comme s'ils faisaient partie des 'risques du métier', comme si les travailleuses du sexe n'étaient pas des femmes, mais seulement des 'putes'", dénonce le communiqué.

"Depuis quelques années, de nombreuses TDS relatent des faits de violence à leur encontre sur cette zone mais, du fait de leur situation administrative de séjour, elles ne portent pas plainte par crainte d'être expulsées comme ce fut le cas par le passé. Cette situation expose nos collègues à une escalade des violences qui, à leur paroxysme, aboutissent à des drames tels que celui de lundi soir."

La victime blessée n'a pas encore été entendue en raison de son état de santé.

Utsopi, Entre 2 Wallonie et Espace P Charleroi comptent organiser un rassemblement en hommage à leur collègues victimes dès que davantage d'éléments seront connus.

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