"La décision de l'hôpital Ambroise Paré pourrait vite faire tache d'huile"

Yves Coppieters estime que la décision prise par l'hôpital montois Ambroise Paré - d'imposer le pass sanitaire à ses visiteurs - pourrait être suivie par le reste des hôpitaux belges.

A.M

L'hôpital montois Ambroise Paré a décidé de mettre en place le système du pass sanitaire pour avoir accès à l'établissement. Même s'il n'est actuellement demandé que pour les visites et non pour les consultations, il s'agit du premier hôpital en Belgique à recourir à ce système qui fait pas mal réagir.

Yves Coppieters, épidémiologiste et professeur de Santé publique, craint que cela ait des conséquences néfastes. "Si tous les hôpitaux procèdent de la sorte, cela va devenir très compliqué par rapport à l'accessibilité aux soins", explique-t-il. "Il faut être conscient qu'une partie de la population n'est pas vaccinée et ne compte pas se faire vacciner. Cette population a toutefois droit aux mêmes soins de santé que les personnes vaccinées."

"Il faut éviter que les gens reportent des consultations de prévention ou de prise en charge parce que dans tel ou tel hôpital ils n'auront pas accès aux soins ou bien car ils sont gênés de dire qu'ils ne sont pas vaccinés", poursuit le spécialiste de santé publique.

Yves Coppieters estime dès lors que la vision des soins deviendra trop centrée sur le coronavirus. "Cette vision peut faire oublier toutes les autres dimensions de la santé et c'est une chose qu'il faut vraiment éviter. Par contre, instaurer des protocoles très stricts dans les hôpitaux comme cela existe déjà pour limiter les contaminations, ça il en faut évidemment."

Avec la mise en place du pass sanitaire dans cet hôpital, l'épidémiologiste craint que d'autres services de santé procèdent de la même manière. "Si les hôpitaux commencent, les maisons de repos vont également le faire et cela va s'élargir. Imaginez: si on limite encore l'accès des visiteurs dans les maisons de repos... alors que fondamentalement la couverture vaccinale est très très bonne. L'isolation sociale va devenir encore pire. Mettre en place ce système va donc diminuer l'accès aux soins de santé et les visites."

Yves Coppieters estime que la décision prise par l'hôpital Ambroise Paré pourrait se généraliser dans les hôpitaux belges. "Malheureusement, je pense que cela pourrait vite faire tache d'huile. Mes collègues vont me dire qu'il faut ce pass sanitaire dans les hôpitaux mais moi je pense qu'il faut voir cela dans une vision plus globale et pas uniquement se centrer sur le Covid."

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