Le médecin-chef de l'UZ Leuven met en garde contre des "conséquences majeures sur les vaccinés": "Ce n'est pas décent"

Face à la hausse des hospitalisations, les hopitaux belges devront réserver un quart de leurs lits de soins intensifs aux patients Covid. Pour cette raison, des soins courants vont devoir encore être reportés, regrette Gert Van Assche, qui prône la vaccination obligatoire.

Le médecin-chef de l'UZ Leuven met en garde contre des "conséquences majeures sur les vaccinés": "Ce n'est pas décent"
©JC Guillaume

Le médecin-chef de l'UZ Leuven est en colère. Le Comité Hospital & Transport Surge Capacity (HTSC) a appelé tous les hôpitaux du pays à passer à la phase 1A du plan d'urgence d'ici le 15 septembre. Ils devront donc réserver un quart de leurs lits en soins intensifs pour les patients Covid.

Une décision qui ne passe pas auprès de Gert Van Assche. "C'est difficile à comprendre", s'exaspère-t-il auprès de VRT Nieuws, alors que les hôpitaux perdent déjà des places en raison du manque de personnel. "Nous ne comprenons pas non plus que cette mesure ne puisse pas attendre le prochain Comité de concertation", ajoute le médecin-chef. "Cela a été annoncé hier, sans notre avis et sans consultation approfondie", regrette-t-il.

La Flandre trinque pour Bruxelles

Pour Gert Van Assche, il n'est pas normal que la mesure s'applique dans les régions où le taux de couverture vaccinale est élevé, comme c'est le cas en Flandre. Alors que 77% des flamands sont totalement vaccinés, la Région bruxelloise est à la traîne avec un taux de 50%. Les hôpitaux de la capitale de nouveau débordés ont d'ailleurs pu transférer des patients Covid dans d'autres établissements du pays.

"La vaccination contre le coronavirus est un choix personnel en Belgique, mais cela a des implications", grommelle le médecin qui estime subir le faible taux de vaccination de Bruxelles. "La hausse des cas graves de Covid-19 pourrait être évitée, à Bruxelles notamment, et cela a des conséquences majeures sur nos compatriotes vaccinés", martèle Van Assche. Le médecin indique aussi que les soignants de son hôpital sont moins enclins à accueillir des patients qui n'ont pas été vaccinés.

L'UZ Leuven a déjà dû prendre en charge "des dizaines de patients de Bruxelles, de Wallonie et du Nord de la France depuis un an et demi", se plaint-il, d'autant plus que la phase 1A entraîne le report de soins non urgents.

Pour la vaccination obligatoire

Gert Van Assche s'avance alors en faveur de la vaccination obligatoire. "Je sais que ce n'est pas évident juridiquement, mais nous devons faire quelque chose", déclare-t-il. "Si cela ne fonctionne pas avec une demande amicale, alors il devrait éventuellement y avoir une obligation"

"Actuellement, on traite des patients qui attendent des soins depuis six mois à un an. Dans un système de santé moderne, ce n'est pas décent", gronde le médecin, qui estime que l'UZ Leuven devra rattraper le retard des soins courants jusqu'en 2022. "Pensez aux opérations cardiaques et aux procédures pour le cancer. Ce sont des procédures qui nécessitent des soins intensifs et que nous avons dû reporter."

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