Nathan Clumeck charge la communication des politiques sur l'épidémie: "Lorsque la liberté est évoquée, on joue le jeu des antivax et des complotistes"

Aujourd'hui dans "Il faut qu'on parle", Maxime Binet recevait Nathan Clumeck, professeur en maladies infectieuses à l'ULB et au CHU Saint-Pierre. L'invité s'est notamment livré au sujet du Covid Safe Ticket et de la vaccination obligatoire.

Selon Nathan Clumeck, professeur en maladies infectieuses, le pass sanitaire élargi constitue un faux problème: "On mêle idéologie et politique alors qu'il s'agit d'un enjeu sanitaire."

A Bruxelles, 6 vaccinés sur 10 sont en faveur de cet élargissement. Cela représente finalement un chiffre relativement peu élevé: "Cela reflète bien le défaut de communication qui existe actuellement", pointe l'expert, "Le pass sanitaire est quelque chose qui protège et ce n'est pas une entrave à la liberté."

Pour l'expert, le fait d'être vacciné ou testé négatif au Covid-19 permettra d'accéder à des lieux en toute sécurité: "Sans pass sanitaire, c'est un risque de revenir en arrière (ndlr. reconfinement, mesures restrictives, ...)."

Au sujet de l'obligation vaccinale, Nathan Clumeck estime que le débat n'a lieu d'être que s'il existe un espoir d'éradiquer le virus. Ce qui n'est actuellement pas le cas. Par ailleurs, après 2 ans d'épidémie, il est vraisemblablement trop tard maintenant, selon le professeur, pour imposer une telle mesure: "Maintenant il y a des résistances, on n'arrive pas à vacciner dans certains quartiers et donc ça ne marcherait pas".

Carton rouge pour la vaccination bruxelloise, vert pour la Belgique au niveau mondial

Nathan Clumeck adresse son carton rouge à l'ensemble de la classe politique en charge de la stratégie de vaccination bruxelloise: "Il y a un défaut de communication et de clarté. Nous devrions savoir où l'on veut en venir et comment nous allons y arriver."

Son carton vert est lui attribué à la place de la Belgique dans le classement mondial de la vaccination: "Après des débuts hésitants, nous avons réussi à rattraper notre retard. Je pense que c'est un très bon point. Nous sommes un peu moins bien que le Danemark qui vient de libérer toutes les mesures. Encore un effort et nous y arriverons", assure-t-il.

Une communication qui fait défaut

En deuxième partie d'émission, le professeur est revenu sur ses propos au sujet de la vaccination bruxelloise et sur la communication qui fait défaut, selon lui, depuis le départ: "Depuis le début de la pandémie, il y a un problème de communication. Elle est confuse, infantilisante. Nous n'avons pas assez responsabilisé les gens", accuse-t-il. "Nous aurions dû cibler les différences dans la population beaucoup plus tôt. Il a manqué d'une vision globale et anticipative."

Pour le Pr. Clumeck, il existe une responsabilité collective dans laquelle se sont infiltrés des "enjeux électoraux, politiques, de position": "Lorsque l'on parle de liberté, on la met en balance avec la santé publique et c'est très dangereux", regrette-t-il. "Lorsque la liberté est évoquée, on joue le jeu des antivax et des complotistes. Nous n'avons pas la liberté d'infecter les autres et de les mettre en danger", précise-t-il.