Sophie Wilmès estime le débat sur l'obligation vaccinale indispensable: "Mais il faut le faire clairement et pas de manière hypocrite"

Ce vendredi matin, l'ex-Première ministre Sophie Wilmès était l'invitée de 7h50, au micro de Bel RTL. Elle s'est notamment exprimée à propos du pass sanitaire et de l'obligation vaccinale.

La prolongation et l'extension du Covid Safe Ticket à Bruxelles sont pratiquement entérinées. Au départ prévu pour assurer la sécurité sanitaire des évènements de masse tels que les festivals, ce pass devrait ainsi devenir la norme pour accéder à certains lieux. Notamment dans l'Horeca ou les boîtes de nuit.

Pour Sophie Wilmès, ancienne Première ministre, il s'agit d'une réponse à l'échec de la stratégie vaccinale: "Par rapport au reste du pays, Bruxelles a un retard énorme", reconnaît-elle. Cependant, selon elle, à partir du moment ou le Covid Safe Ticket est utilisé pour instaurer une obligation de vaccination, il y a une "rupture du contrat de confiance avec la population": "Nous avons dit aux gens que c'était sur base volontaire", rappelle-t-elle.

"Nous devrons faire la démonstration que l'opération est ciblée, nécessaire et efficace. C'est-à-dire qu'elle diminue bien la circulation du virus et qu'elle ne peut être diminuée que de cette manière. Ce qui me fait peur, c'est qu'on dise 'soit on passe au pass sanitaire, soit on empêche des secteurs d'ouvrir, soit on les ferme', et évidemment nous ne serons jamais du côté de la fermeture."

Ouvrir le débat sur la vaccination obligatoire

Hier soir sur la VRT, le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke estimait qu'il était normal de restreindre les libertés des non-vaccinés afin de protéger la société. Sophie Wilmès s'interroge sur cette sortie: "Où mettez-vous la latte ? Si vous obligez les tests PCR ou l'obligation de vaccin pour des opérations de tous les jours comme pour faire ses courses ou aller au restaurant, là je pense qu'il faudra réfléchir à l'objectif poursuivi."

Selon elle, l'ouverture du débat sur l'obligation vaccinale va "s'avérer indispensable": "Si elle peut être évitée, je pense qu'il faudra continuer à le faire et rester dans un processus volontaire. Mais si on doit le faire, on le fait clairement et pas de manière hypocrite comme c'est actuellement le cas en région bruxelloise", assène-t-elle.