Marius Gilbert sur le Covid Safe Ticket: "C'est une carte à jouer, mais elle a également un inconvénient majeur"

L'obligation du pass sanitaire à Bruxelles est de plus en plus envisageable.

M.D.

Le Covid Safe Ticket pourrait bien devenir obligatoire à Bruxelles pour toute une série de secteurs, tels que l'Horeca, les boîtes de nuit ou encore les salles de sport. Pour rappel, le Covid Safe Ticket est délivré à toute personne ayant reçu les deux doses du vaccin, ayant réalisé un test PCR négatif au cours des 48 dernières heures ou encore pouvant fournir un certificat attestant qu'elle a récemment contracté le coronavirus.

Cette potentielle obligation du Covid Safe Ticket a pour but de réfréner la progression des nouvelles contaminations, à Bruxelles plus particulièrement, où le taux de vaccination est au plus bas par rapport aux autres régions. Par exemple, 18% seulement des 12-17 ans sont entièrement vaccinés, contre 69 % en Flandre et 51 % en Wallonie. La potentielle obligation du Covid Safe Ticket n'est pas au goût de tout le monde, certains dénonçant une violation des libertés fondamentales. Ainsi, plus de 3.500 se sont réunies ce samedi dans la capitale pour manifester dans ce sens.Des protestations qui font écho aux mouvements contestataires qui ont actuellement lieu en France, où le pass sanitaire est déjà obligatoire.

Pour Marius Gilbert, chercheur en épidémiologie, l'obligation du Covid Safe Ticket est "une carte à jouer". Invité sur le plateau de "C'est pas tous les jours dimanche", il a tenu à rappeler l'importance de la vaccination. "C'est dangereux de ne pas être vacciné, c'est un danger pour toutes ces personnes qui ne le sont toujours pas. Du travail de terrain, il y en a eu, mais je pense qu'il aurait fallu que dix fois plus de personnes le fassent, maintenant c'est trop tard. Maintenant, on n'a plus le temps pour la sensibilisation".

Néanmoins, Marius Gilbert reconnaît que le débat autour de l'obligation du Covid Safe Ticket fait sens. "On est dans une situation où plusieurs parties ont raison pour différentes raisons et on est coincé (...) On ne sait pas dans quelle direction ça va aller. On a pu remarquer que dans certains pays cela a eu un rôle stimulant sur la vaccination, c'est une réalité. Mais la réalité de l'hésitation de la vaccination belge n'est pas forcément identique à celle des Français (...) Donc il n'est pas évident que cette obligation va marcher", poursuit-il.

L'expert est donc nuancé, mais demande à voir. "C'est une carte à jouer, je comprends qu'on le fasse mais elle a également un inconvénient majeur. Elle va encore accentuer la polarisation de la société", a-t-il conclu.


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