"Si on ne peut organiser de solidarité financière entre les paroisses, il se pourrait que de nouveaux édifices doivent être désacralisés"

Ce mardi, la commission Intérieur du Parlement de la Région Bruxelles-Capitale s’attaque à un gros morceau. À l’agenda des députés, le projet d’ordonnance qui entend remettre au goût du jour l’organisation des cultes à Bruxelles.

"Si on ne peut organiser de solidarité financière entre les paroisses, il se pourrait que de nouveaux édifices doivent être désacralisés"
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Du côté catholique, on ne se réjouit pas spécialement du projet d'ordonnance (dont les détails sont à lire ici). "Mais l'Église fera tout pour s'y conformer", assure Thierry Claessens, responsable du service du temporel pour l'archevêché de Malines-Bruxelles. La prudence de l'Église s'explique par le fait que la couverture des frais extraordinaires ne sera plus garantie par la Région, mais évaluée au cas par cas.

La deuxième réserve de l'Église concerne le plafonnement du financement du déficit lié aux dépenses ordinaires. Cela risque de mettre en danger la viabilité des finances de certaines fabriques d'église (qui ont pour mission de veiller à l'entretien des biens d'une paroisse). Pour faire face à ce plafonnement, ces fabriques pourraient s'associer à d'autres fabriques afin de mettre en commun leurs ressources. L'archevêché demande cependant qu'il puisse organiser lui-même ces associations (ce qui n'est pour l'instant pas prévu dans l'ordonnance) afin qu'elles soient effectives rapidement. "Si on ne peut organiser cette solidarité financière, il se pourrait que de nouveaux édifices doivent être désacralisés", note Thierry Claessens. Le transfert de la compétence à la Région n'est pas un véritable problème en soi, conclut-il, pour autant que le personnel soit suffisant pour assumer le nombre des dossiers qui s'accumuleront sur les bureaux de la Région.