Tout savoir sur le Covid Safe Ticket, qui entre en vigueur ce matin à Bruxelles

Le Covid Safe Ticket inquiète beaucoup les restaurateurs bruxellois, qui craignent de perdre des clients.

Tout savoir sur le Covid Safe Ticket, qui entre en vigueur ce matin à Bruxelles
©BELGA
Van Hoof Thibaut

Ce vendredi, c’est donc le lancement du Covid Safe Ticket à Bruxelles. Une mesure qui s’élargit donc à plusieurs secteurs, dont l’Horeca, évidemment. De quoi faire grincer des dents dans les 19 communes de la capitale, où le secteur peine parfois à reprendre une activité normale, avec le télétravail qui s’est installé dans les entreprises ou encore le manque de touristes ou de voyageurs d’affaires. Et si certaines entreprises craignent de voir partir leurs clients dans la périphérie puisque le CST n’est pas encore en vigueur en Wallonie, et ne le sera pas du tout en Flandre, d’autres s’inquiètent de savoir comment mettre en place le protocole défini par les autorités régionales.

Du côté des clients aussi, on se pose encore toute une série de questions. Voici donc de quoi avoir une vision plus claire, en quelques points importants.

1. Le CST à l’intérieur, pas en terrasse.

C’est la bonne nouvelle pour ceux qui ne sont pas en ordre de pass sanitaire, il sera encore possible de manger ou de boire un verre en terrasse, pour ceux qui ne sont pas frileux pour autant. Attention, les mesures sanitaires resteront en vigueur sur les terrasses (port du masque, distanciation entre les tables, etc). À l’intérieur, par contre, toutes ces règles tombent pour peu que les clients montrent patte blanche. Seule subtilité : les restaurants accueillant des clients en terrasses devront toujours imposer le port du masque pour se déplacer dans le restaurant puisque des clients extérieurs pourront aussi utiliser les sanitaires ou venir payer à la caisse. Enfin, le personnel continuera à porter le masque, étant donné qu’il n’est pas soumis au CST pour pouvoir travailler.

2. Le take-away n’est pas soumis au CST.

C’est la bonne nouvelle pour les sandwicheries, snacks ou encore restaurants proposant des plats à emporter, les clients de passage ne devront pas présenter de CST pour entrer dans l’établissement, mais devront porter un masque et respecter la distanciation sociale. Cela rejoint donc les règles de mise pour les clients consommant en terrasse.

3. Des établissements exemptés de CST.

" Les restaurants sociaux (restaurants servant des repas à prix réduit par rapport au marché, et notamment les restaurants universitaires), les cantines scolaires ou cantines d'entreprise, accessibles uniquement aux personnes qui fréquentent l'école ou l'entreprise, ou les terrasses des établissements en ce compris celles situées dans des halls de gare ou des centres commerciaux ne sont pas soumis au CST ", peut-on lire sur 1819.brussels.

4. Fêtes privées : tout dépend du nombre.

Si l’établissement n’est pas accessible au public et que l’événement se déroule dans un cadre intime, il n’est pas nécessaire de contrôler le CST, on tombe dans le cadre des événements privés. Cependant, dès lors que ces événements dépassent 50 personnes en intérieur et 200 en extérieur, ils sont soumis au CST car assimilés à des événements de masse.

5. Pas de règlement spécial pour les terrasses intérieures.

Les terrasses situées à l’intérieur d’un centre commercial ou dans un hall de gare ne sont pas soumises au CST.

Dans les jours à venir, la foire aux questions disponible sur le site 1819.brussels pourrait encore être alimentée. " L'expérience des restaurateurs révélera peut-être des questions spécifiques auxquelles nous répondrons. Aussi, des équipes vont visiter les 19 000 établissements concernés à Bruxelles pour aider les restaurateurs à tout mettre en place ", explique Nicolas Roelens, porte-parole de Barbara Trachte.

En Wallonie, ce sera pour le 1er novembre

Si les restaurateurs bruxellois vont découvrir le Covid Safe Ticket ce vendredi avec deux semaines de retard sur le calendrier prévu, le dispositif arrive également en Wallonie. Mais la situation reste encore très floue. " La date du 25 octobre circulait en interne au gouvernement wallon, confiait jeudi Thierry Neyens, président de la Fédération Horeca Wallonie. Il y a encore des choses à conclure au niveau du cadre légal, et je dois dire que je reçois beaucoup de coups de fil de restaurateurs qui aimeraient pouvoir s'organiser, et eux-mêmes répondre à leurs clients qui réservent déjà des tables pour dans quelques semaines. "

Ce sera finalement pour le 1er novembre au sud du pays, avec un système qui se calquera sur le modèle bruxellois. Mais autant dire que l'enthousiasme ne domine pas dans le secteur. " Nous n'étions pas demandeurs, mais, si c'est pour éviter un ixième lockdown, il faut l'accepter, souffle-t-il. Dans les premières semaines, nous allons perdre des clients qui ne sont pas vaccinés, ou pas encore complètement, c'est certain. Et, comme quand nous avons vu des Français venir chez nous quand le pass sanitaire a été lancé chez eux, ou quand les Belges sont allés au Luxembourg en avril, il y aura des clients qui habitent près de la frontière linguistique et qui iront en Flandre… Beaucoup de restaurateurs qui travaillent près de la Flandre ont peur des conséquences financières. "

Selon lui, les conséquences seront différentes aussi selon le type d'établissement. " Un bar ou un café va peut-être plus mal le vivre et perdre des clients qui s'arrêtent le temps d'un café, plutôt qu'un restaurant gastronomique où les gens viennent pour toute une soirée, et parfois pour marquer un événement. "

Au niveau technique aussi, il faudra se mettre à niveau, avec l'application CovidScan, téléchargeable gratuitement et facile à utiliser. " Le problème, c'est que les restaurateurs vont peut-être devoir investir dans une tablette. Car on ne peut pas demander à un serveur d'utiliser son propre smartphone pour scanner les pass des clients. De plus, je connais aussi des patrons de 75-80 ans qui travaillent encore et qui ne maîtrisent pas le digital. "

Aussi, la Wallonie suit Bruxelles et n'imposera pas de CST pour les employés des bars, cafés et restaurants. " Heureusement, vu la pénurie de personnel, mais il aurait été judicieux de pouvoir permettre aux équipes où tout le monde est vacciné de pouvoir laisser tomber le masque. "

Et, si l'Horeca va devoir s'adapter, Thierry Neyens s'étonne des différences faites avec certains secteurs. " Quand je vois que les visites scolaires se feront sans CST, je me demande qui a le plus de poids ou qui a le plus de gueule (sic) . "

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