Plein, le centre de demandeurs d’asile Le Petit-Château tire le signal d’alarme: “Nous sommes dans une crise, mais nous ne sommes pas prêts”

Le personnel se met en grève ce lundi. Face à une nouvelle crise de l’accueil, les moyens manquent.

fedasil refugies
©Jean Luc Flemal

Une grève de 24 heures a lieu ce lundi au Petit-Château à Bruxelles. Le centre d’arrivée pour demandeurs d’asile géré par Fedasil (l’Agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile) est plein. Le nombre mensuel de demandes d’asile est au plus haut niveau depuis la crise de l’accueil en 2015. “Nous sommes au complet”, explique la directrice, Isabelle Plumat, qui soutient l’action.

Le centre dit vouloir éviter les situations "à la néerlandaise". Son homologue Ter Apel a en effet dû laisser des centaines de demandeurs d'asile dormir sur des lits de camp et des chaises la semaine dernière en raison du manque de places. "Nous tirons la sonnette d'alarme depuis des mois, explique Mme Plumat. Nous sommes dans une crise, mais nous ne sommes pas prêts." Le Petit-Château réclame plus de places et de moyens pour l'ensemble du réseau d'accueil.

À cause des inondations…

Le secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration, Sammy Mahdi (CD&V), a regretté, samedi, l'annonce de cette grève, tout en assurant "comprendre leurs doléances". Le personnel de Fedasil enchaîne les crises, ce qui met sous pression l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée. En 2015, il y avait jusqu'à 6 000 nouveaux arrivants par mois. En 2019, il y a eu une nouvelle crise de l'accueil en raison d'une réduction trop rapide du réseau et d'une capacité tampon insuffisante. Aujourd'hui, la situation devient à nouveau difficile, admet M. Mahdi dans un communiqué.

En raison des inondations, Fedasil a perdu beaucoup de places et, pour éviter de nouveaux foyers de contaminations au Covid, une partie de la capacité doit encore être affectée à la mise en isolement, explique le cabinet Mahdi.

Accélérer le déménagement

Selon le secrétaire d'État, la Belgique est confrontée à "une augmentation considérable" du nombre de demandes d'asile, notamment de la part des Afghans. La mission belge d'évacuation de Kaboul (Red Kite), menée en août, a également concerné des personnes qui entrent à présent dans le réseau d'accueil, a-t-il fait valoir.

Sammy Mahdi assure que Fedasil a cependant déjà pris des mesures pour répondre à certaines demandes (stabilité des horaires du personnel, compensation des heures supplémentaires, renforcement des équipes infirmières…). Mais le Petit-Château “ne convient tout simplement pas comme centre d’arrivée” : le bâtiment a ses limites pour accueillir les différentes étapes qu’un demandeur d’asile doit suivre. C’est pourquoi, en concertation avec les autorités de Bruxelles, il cherche également à accélérer le déménagement vers un site plus approprié. (D’après Belga)

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