L’Exécutif des musulmans prêt à sacrifier ses subsides publics : "Nous en avons assez de l'ingérence politique"

Son président dit en avoir marre de l’ingérence politique. Le MR demande des comptes.

L’Exécutif des musulmans prêt à sacrifier ses subsides publics : "Nous en avons assez de l'ingérence politique"
©GUILLAUME JC
A.C.

L'Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) est prêt à faire une croix sur ses 500 000 euros de subsides publics annuels, selon son président. "Nous en avons assez de l'ingérence politique, a pesté Mehmet Üstün, mardi, dans Het Belang van Limburg. Ces 500 000 euros, nous allons les trouver nous-mêmes. Nous ne sacrifierons pas notre autonomie."

Depuis quelques mois, les ennuis se multiplient pour l’organe représentatif des musulmans de Belgique. En janvier, le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne (Open VLD), écartait l’ancien président, Salah Echallaoui, accusé par la Sûreté de l’État d’être un agent du Maroc. Fin septembre, trois membres de l’EMB dénonçaient la mauvaise gestion interne de l’Exécutif, évoquant abus de pouvoir et détournements de fonds - ce que l’EMB dément.

Enfin, récemment, une émission de la VRT affirmait, sur la base d’un rapport de la Sûreté, que la mosquée de Heusden-Zolder, dirigée par Mehmet Üstün, propage des idées extrémistes dans le Limbourg - ce que l’Exécutif dément aussi. En réaction, le ministre de la Justice avait demandé à la Sûreté de réaliser une enquête approfondie sur l’EMB.

"On n’a que des problèmes avec eux"

Le mandat des membres de l'Exécutif est échu depuis mars 2020. Dans Het Belang van Limburg, M. Üstün a imputé le retard pris à la situation sanitaire, qui a empêché la tenue d'élections, et garanti que les nouveaux mandataires seront connus début 2022. Il annonce aussi que lui-même ne sera pas candidat.

Du côté du cabinet Van Quickenborne, on se refuse à tout commentaire, si ce n'est que, "peut-être, une nouvelle dynamique va s'installer" avec la nouvelle équipe.

Sur les bancs parlementaires du MR, en revanche, on fulmine. "Depuis trois ou quatre ans, on n'a que des problèmes avec eux, s'insurge Philippe Pivin, député fédéral MR. Ils se permettent de refuser de l'argent public. Pourquoi ? Pour échapper à tout contrôle. Si l'État ne verse plus de subsides, comment va-t-on savoir d'où viennent les fonds et comment ils sont utilisés", ce qui avait été l'une des préoccupations de la commission parlementaire sur les attentats de Bruxelles. Le député va donc interroger le ministre pour savoir comment l'EMB utilise ses fonds publics, et comment l'enseignement des imams est financé et dispensé.

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