Yves Van Laethem : "Après l'été 2022, on devrait pouvoir gérer ce virus comme nous gérons d'autres maladies infectieuses"

Ce mardi matin, le porte-parole interfédéral Covid-19 Yves Van Laethem était l'invité de "Il faut qu'on parle" avec Maxime Binet sur DH Radio.

Certains politiques souhaiteraient alléger les mesures en vigueur, jugées trop lourdes, dans les établissements scolaires. Pour Yves Van Laethem, cette initiative arrive trop tôt. "Nous sommes au croisement avec une volonté scientifique de pouvoir continuer à gérer et mesurer l'épidémie et une réalité de terrain qui rend les choses très difficiles. Perdre tout le contrôle, cela veut dire que l'on fonctionne à vue et sans les cadrans du tableau de bord", explique-t-il. "La majorité des experts estiment que c'est trop tôt pour arriver à cette solution qui finira par arriver un jour. On devra arrêter de tester tout le monde et apprendre à vivre avec ce virus", pointe le porte-parole interfédéral.

Vers une quatrième vague de l'épidémie ?

Contrairement à plusieurs experts, Yves Van Laethem ne pense pas qu'une quatrième vague du coronavirus soit envisageable en Belgique: "Je pense qu'on aura une vaguelette, une de plus, par rapport à ce qui est clinique et que l'augmentation des cas continuera à être dissociée des hospitalisations."

Par ailleurs, Yves Van Laethem se dit en faveur de la généralisation d'un pass sanitaire en Belgique: "Je pense que vu la situation de la Belgique, vu la bonne centaine de kilomètres qui coupe le pays en deux, la frontière entre deux petites régions par rapport à l'Europe, le pass généralisé a probablement, au vu de l'augmentation qu'il y a en Flandre, son sens"

Carton rouge pour la tombée du masque en Flandre

L'expert adresse son carton rouge aux politiques flamands qui ont estimé qu'on pouvait tomber le masque parce que la vaccination était bonne. Selon lui, le jeu politique est rentré en ligne de compte. La Flandre a probablement voulu prouver qu'elle s'en sortait mieux que Bruxelles et la Wallonie: "Je pense que les chiffres actuels sont peut-être un premier indicateur pour nous montrer que ce n'était pas une bonne idée. C'est une mauvaise appréhension des recommandations", juge-t-il.

Pour Yves Van Laethem, Wouter Beke, ministre flamand de la Santé, est parti de la notion que si nous vaccinions beaucoup, nous n'aurions plus de problèmes: "Sur le long cours probablement mais pas à court terme car il reste des gens mal protégés, non-vaccinés et plusieurs publications internationales montrent que lorsqu'on a un bon taux de vaccination, il ne faut pas en même temps laisser tomber les mesures que sont par exemple la distanciation sociale ou le masque. Il faut un certain temps avant de s'abstenir de celles-ci."

Carton vert pour le médicament miracle molnupiravir

M. Van Laethem accorde son carton vert au molnupiravir, un médicament qui pourrait "bien changer les choses". "Pour la première fois, ce médicament montre une réelle efficacité chez les gens qui sont au début de l'infection."

Enfin, au risque de se brûler, le porte-parole s'avance malgré tout sur une date de sortie de crise: "Au vu des nouvelles thérapeutiques, au vu des nouveaux vaccins et des évolutions que nous avons, je pense que, raisonnablement, après l'été 2022, on devrait pouvoir gérer ce virus comme nous gérons d'autres maladies infectieuses".