Emploi: les jeunes exigent flexibilité et hausses de salaire rapides

La Feb a sondé les attentes des jeunes Belges sur le marché du travail.

Emploi: les jeunes exigent flexibilité et hausses de salaire rapides
©Jean Luc Flemal

Même si les employeurs estiment que les questions d'environnement et de société sont intégrées dans leurs valeurs, plus de la moitié des jeunes Belges pensent qu'ils doivent en faire plus. C'est l'une des conclusions de l'enquête Bridging the future sur les attentes des jeunes et des employeurs sur le marché du travail réalisée par iVox pour la Fédération des entreprises de Belgique (Feb), en partenariat avec AG, auprès de 800 jeunes entre 17 et 28 ans et de 180 employeurs. L'enquête donne le coup d'envoi de la quatrième édition du Young Talent in Action ((Ytia), qui a pour objectif de rapprocher les jeunes du marché du travail (1).

"Il s'agit d'une question de perception. Les entreprises réalisent des choses en matière de durabilité, entre autres, mais celles-ci ne sont pas assez visibles. Les employeurs doivent apprendre à mieux les mettre en évidence, à mieux communiquer, via les réseaux sociaux notamment, car on voit bien que les jeunes sont à la recherche d'entreprises qui ont cela dans leur ADN, remarque Monica De Jonghe, directrice générale de la Feb. Les entreprises qui veulent attirer et garder les meilleurs talents doivent tenir compte de la façon dont les jeunes voient les choses et de ce qu'ils attendent d'un employeur."

L’enquête montre ainsi que, si les jeunes sont intéressés par un bon salaire, c’est surtout le contenu de la fonction qui les attire. Les avantages extralégaux sont aussi appréciés, avec en tête les chèques-repas, suivis de la voiture de société et de l’assurance hospitalisation.

Télétravail

Les jeunes recherchent aussi de la flexibilité. Trois sur cinq déclarent vouloir télétravailler si leur emploi le permet. Sur ce point, jeunes et employeurs sont sur la même longueur d'onde puisque 89 % des employeurs sondés déclarent proposer du télétravail et des horaires flexibles. La question de l'augmentation salariale semble par contre les diviser. Ainsi, 33 % des jeunes espèrent une promotion après maximum un ou deux ans alors que 58 % des employeurs sont d'avis qu'ils ne s'y attendent qu'après trois à cinq ans. La mobilité est également un sujet de désaccord. Quelque 33 % des jeunes pensent qu'ils resteront maximum cinq ans chez le même employeur tandis que 46 % des employeurs estiment qu'ils resteront en moyenne six ans ou plus au sein de leur entreprise. "Qui dit mobilité dit aussi mobilité interne. Il ne faut pas nécessairement trouver un travail chez un autre employeur, note Monica De Jonghe. Cette volonté de bouger des jeunes est aussi liée au fait que le marché de l'emploi est en constante évolution. Certains jobs n'existeront plus dans cinq ans. C'est un énorme défi pour les entreprises."

(1) Lancé en 2015 à l’initiative de la Feb, le Ytia est une plateforme où les jeunes peuvent découvrir leurs talents. Celle-ci s’accompagne d’un événement biennal, décliné cette année en plusieurs rencontres régionales. La première a eu lieu à Bruxelles ce lundi. Suivront Wilrijk (28/10), Bruges (9/11), Namur (16/11) et Mons (à déterminer).