Un groupe de travail interuniversitaire plaide pour une communication avec le grand public sur le passé colonial

Le rapport final du groupe de travail interuniversitaire "Passé colonial de la Belgique" a été présenté ce mercredi à la Fondation universitaire à Bruxelles. Les conclusions et les recommandations du groupe de travail mettent en avant l'importance de la communication avec le grand public.

Un groupe de travail interuniversitaire plaide pour une communication avec le grand public sur le passé colonial
©Jean Luc Flemal

"La conscientisation concerne une partie importante de la décolonisation. Et le monde académique doit y jouer un rôle majeur", a expliqué lors de la conférence de presse Romain Landmeters, membre du FNRS/USL-B. Le groupe d'experts plaide aussi pour une plus grande coopération avec les universités non occidentales, notamment celles d'Afrique centrale. Ce rapport - qui a été remis symboliquement ce mercredi à Rik Van de Walle, recteur de l'UGent et président du Conseil interuniversitaire flamand (VLIR) et Annemie Schaus, rectrice de l'ULB et présidente du Conseil des Recteurs (Cref) - formule une série de recommandations concrètes, destiné à être un document d'inspiration et de réflexion, susceptible d'aider les universités à développer des initiatives futures, en tenant compte du contexte et de l'histoire propres à chaque institution.

"Les écoles primaire et secondaire constituent un groupe-cible essentiel. Les écoles doivent accorder plus d'importance à l'histoire belge et européenne", a souligné M. Landmeters, insistant sur le fait que "communiquer avec le public, ce n'est pas uniquement discuter et enseigner mais aussi écouter et apprendre".

Le groupe de travail plaide également pour une meilleure coopération avec les universités non occidentales, et en particulier avec les universités d'Afrique centrale. Pendant la période coloniale et les premières décennies après 1960, les universités belges étaient très actives au Congo. "Au cours des dernières décennies, cet engagement n'a cessé de s'éroder", a fait remarquer le groupe de travail.

À la demande des recteurs des onze universités belges, un groupe de travail interuniversitaire "Passé colonial de la Belgique" a été créé en août 2020, à la suite des répercussions en Belgique du mouvement "Black Lives Matter", des regrets exprimés par le roi Philippe le 30 juin et la constitution de la commission parlementaire sur le passé colonial au Congo.

Les experts membres ont été invités à réfléchir au rôle que les universités belges peuvent assumer afin de mieux comprendre le passé colonial de la Belgique. Concrètement, "elles peuvent à la fois être des leviers pour favoriser la reconnaissance de notre passé, mais aussi fournir des explications scientifiques en la matière et enfin œuvrer à un travail de sensibilisation vaste et durable", peut-on lire dans le rapport.