La Belgique doit-elle suivre l'exemple de la Suisse face au Covid dans les écoles ? "Si on ne fait rien, elles deviendront le moteur de l'épidémie"

Geert Molenberghs a mis en garde face à des chiffres inquiétants dans les écoles. Il a ainsi invité à revoir la stratégie de testing à l'égard des plus jeunes.

La Belgique doit-elle suivre l'exemple de la Suisse face au Covid dans les écoles ? "Si on ne fait rien, elles deviendront le moteur de l'épidémie"
©FLEMAL JEAN-LUC
M.R.

Si les vacances ont débuté en Belgique, la situation dans les écoles continue d'inquiéter les experts de la santé. Le biostatisticien Geert Molenberghs (UHasselt/UAntwerpen) a ainsi mis en garde, ce dimanche au micro d'ATV, quant à une incidence "trois fois plus élevée" au sein des établissements scolaires que dans le reste de la population. Pour faire face à la recrudescence de l'épidémie dans les écoles, les autorités ont déjà décidé de réinstaurer l'obligation du port du masque pour certains élèves. Au nord du pays, cela concerne les enfants de 5ème et 6ème primaire. Dans l'enseignement francophone, ce sont les élèves du secondaire qui devront à nouveau porter une protection buccale, y compris lorsqu'ils seront en classe.

Mais ces mesures ne sont pas suffisantes aux yeux de Geert Molenberghs. Il a ainsi invité la Belgique à "suivre l'exemple de la Suisse", en mettant au point un système de testing préventif dans les écoles. "Mais pas via des écouvillons, plutôt avec des tests salivaires", a-t-il détaillé à la Gazet van Antwerpen, suggérant également le recours à des tests rapides. "C'est beaucoup moins invasif. On peut, par exemple, tester la moitié de l'école une semaine et l'autre moitié la suivante."

"Sinon les écoles deviendront vraiment le moteur de la pandémie"

L'expert de l'UHasselt a ainsi souligné le "succès" que rencontrait cette méthode en Suisse. "En effectuant un dépistage préventif, vous empêchez une infection de se transformer en épidémie", a-t-il salué. "Isoler quelqu'un de temps en temps est préférable que de devoir renvoyer toute une classe à la maison."

S'il a admis que cela demanderait une organisation importante, il a toutefois indiqué que la balance coût-bénéfices était plutôt favorable.

M. Molenberghs a quoi qu'il en soit estimé qu'il était inimaginable de rester les bras croisés face à la situation épidémiologique actuelle des écoles. "Sinon, l'incidence augmentera et les écoles deviendront vraiment le moteur de la pandémie. Il faudra alors recourir à des mesures plus lourdes", a-t-il conclu à GvA.

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