L'impact de la quatrième vague sur nos hôpitaux est-il plus élevé que lors d'une épidémie de grippe ? Un nouveau rapport lève le voile sur la question

Dans le dernier rapport du GEMS, des informations permettent pour la première fois de faire une comparaison entre la pression exercée sur les hôpitaux lors d'une vague de grippe et lors d'une vague de Covid-19.

L'impact de la quatrième vague sur nos hôpitaux est-il plus élevé que lors d'une épidémie de grippe ? Un nouveau rapport lève le voile sur la question
©BELGA
V.d.T.

Depuis plusieurs jours, les experts s'accordent pour dire que nous sommes rentrés dans une quatrième vague de Covid-19 en Belgique. Les indicateurs-clé de l'épidémie sont en hausse dans toutes les tranches d'âge et dans toutes les régions du pays. Mais qu'en est-il, dans les faits, de la pression sur les hôpitaux par rapport à une saison "classique" d'épidémie de grippe, dont le pic se situe en général au mois de février ?

Un nouveau rapport rédigé par le GEMS, le groupe d'experts chargé de conseiller le gouvernement fédéral sur la crise sanitaire, lève le voile sur la question. Ce rapport, dont nos confrères de Het Laatste Nieuws ont pu prendre connaissance, trouve son origine dans l'inquiétude des experts d'être confrontés à une double épidémie lors de la saison hivernale.

Afin d'être capables de faire une évaluation correcte de ce qui pourrait nous attendre, ils ont recueilli les chiffres de la pression que l'épidémie de grippe fait peser sur nos hôpitaux chaque année. Les experts se concentrent uniquement sur les deux saisons de grippe les plus extrêmes de ces dix dernières années. La saison de grippe la plus douce ayant eu lieu en 2014 et la plus sévère en 2018. Ceux-ci ont collecté les chiffres des taux d'infection, des admissions à l'hôpital ainsi que dans les unités de soins intensifs pour les deux saisons de grippe concernées. À partir de là, ils ont ensuite fait des estimations sur les admissions quotidiennes lors du pic de chaque vague.

Contaminations

Il en ressort qu'en termes d'infections, la quatrième vague de coronavirus se situe actuellement à un niveau supérieur à la moyenne d'une saison dite "classique" de grippe. En 2018, pendant la période la plus sévère vague de grippe, notre pays a compté près de 11.000 infections par jour. Dans la saison la plus douce, ce chiffre s'élevait à 2.800 par jour. Une moyenne de 7.750 infections est actuellement enregistrée quotidiennement pour le coronavirus.

Hospitalisations

En ce qui concerne les hospitalisations, la quatrième vague de coronavirus cause actuellement un nombre plus élevé d'admissions que la moyenne des saisons grippales. En 2014, les hôpitaux ont reçu 52 nouveaux patients par jour au plus fort de l'épidémie alors qu'en 2018, on en comptait 225 lors du pic. Pour le coronavirus, le chiffre est actuellement de 164 admissions par jour. C'est trois fois plus que la plus douce saison de grippe, mais le chiffre reste inférieur au pic de la saison de grippe la plus sévère.

Soins intensifs

Enfin, au niveau des soins intensifs, lorsque la grippe a frappé fort en 2018, 582 patients ont été admis aux soins intensifs. Au plus fort de la vague, 11 nouveaux lits de soins intensifs ont été remplis chaque jour. En 2014, lorsque la grippe a connu une saison extrêmement douce, 9 nouveaux patients sont entrés aux soins intensifs chaque jour lors du pic. Pour la quatrième vague de coronavirus, nous nous situons déjà au-dessus de ces deux valeurs puisque la semaine dernière, 12 nouveaux patients ont été admis quotidiennement aux soins intensifs. Cela signifie que nous sommes déjà au-dessus du pic de la plus sévère de la saison de la grippe.

Résultats

Avec une moyenne de 7.750 infections quotidiennes et plus de 150 admissions à l'hôpital par jour, la quatrième vague de coronavirus se situe pour l'instant entre la plus douce et la plus sévère saison de grippe. Dans les unités de soins intensifs, cependant, la pression est déjà légèrement supérieure à la saison de grippe la plus sévère de ces dix dernières années et la vitesse à laquelle cette pression s'accentue est nettement plus élevée que pour la grippe.

Ces chiffres mettent également en avant le rôle des vaccins en tant que "barrière protectrice" étant donné que lors de la deuxième vague de coronavirus, à la même époque l'année dernière, les admissions à l'hôpital étaient nettement plus élevées que lors du pic de la saison la plus sévère de grippe de ces dix dernières années.

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