Le comité R confirme la présence d'extrémistes potentiellement violents au sein de l'armée belge

Le rapport du président du Comité R, Serge Lipszyc, révèle la présence de militaires extrémistes au sein de l'armée belge.

Le comité R confirme la présence d'extrémistes potentiellement violents au sein de l'armée belge
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La Rédaction avec Belga

"Il y a bien une menace sérieuse pour nos institutions", confirme le président du comité R Serge Lipszyc dans un rapport complémentaire sur la montée de l'extrême droite en Belgique, un document adressé à la commission de suivi de la Chambre qui se réunira lundi.

Ce rapport de 27 pages, que nos confrères du Soir ont pu consulter, indiquerait ainsi la présence de cinq militaires fichés "extrême-droite" au sein de l'armée belge. Quatre d'entre eux feraient actuellement l'objet d’une pré-enquête dans la catégorie "extrémiste potentiellement violent", et le cinquième aurait acquis le "statut complet" de "prédicateur de haine".

Impossibilité légale d'informer les parlementaires

Ce rapport souligne toutefois l'impossibilité légale d'informer concrètement les parlementaires de ladite commission car ceux-ci ne disposent pas de l'habilitation de sécurité leur permettant de prendre connaissance d'informations classifiées.

"Les éléments, chiffres et même les exemples concrets permettent d'étayer, même sans violer les secrets de l'information ou encore du délibéré ou le secret professionnel, qu'il y a bien une menace sérieuse pour nos institutions, comme cela a déjà été dit et écrit à de nombreuses reprises dans de précédents rapports", conclut le patron de l'organe de contrôle des services de renseignement à l'issue de ce rapport qu'un vent favorable a porté jusqu'à l'agence BELGA.

Ce sont ces éléments qui, "en vertu des principes admis dans la magistrature, de partager des constatations d'ordre général sur un certain nombre de problématiques observées par le Comité" ont amené Serge Lipszyc à conclure fin octobre dans le magazine Wilfried à l'émergence d'une menace sérieuse de l'extrême droite sur les institutions du pays.

Le président du comité R souligne toutefois que, concernant la communication d'informations classifiées, le présent rapport "sera forcément décevant puisque c'est le législateur lui-même qui a restreint la possibilité du président du Comité permanent R d'informer concrètement la Commission permanente".

Il ajoute que "le contrôle démocratique serait évidemment facilité si le président du Comité permanent R avait le droit de parler à cour ouvert avec l'Organe parlementaire qui le contrôle", rappelant que "ce n'est pas le président du Comité permanent R qui est responsable de cette impossibilité".

Le rapport complémentaire rappelle en 27 pages les "multiples questions dites de sécurité" sur lesquelles l'attention des institutions du pays a été attirée depuis 2020, qu'il s'agisse des services, de l'administration, des ministres et du parlement. Ces questions et recommandations sont restées sans beaucoup de réponses jusqu'à l'éclosion de l'affaire Conings, ce militaire aux idées d'extrême droite, auteur de menaces contre les institutions du pays, retrouvé mort à la suite d'une traque de plusieurs jours en juin dernier.

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