"Il faut freiner", "On a sous-estimé beaucoup de choses": vers des mesures plus strictes en Belgique pour contrer la hausse des contaminations ?

Les experts se sont prononcés sur l'éventuelle nécessité de resserrer la vis en Belgique afin de mettre un terme à la hausse des contaminations au coronavirus.

"Il faut freiner", "On a sous-estimé beaucoup de choses": vers des mesures plus strictes en Belgique pour contrer la hausse des contaminations ?
©BELGA

Les enfants ont retrouvé le chemin de l'école, ce lundi 8 novembre, tandis que leurs parents ont repris le travail. Ce retour en classe et en entreprise suscite une vive inquiétude dans les rangs politiques, au vu de la situation épidémiologique . Le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit), a d'ores et déjà appelé à intensifier le télétravail pour contrer la hausse des contaminations qui touche notre pays depuis plusieurs semaines . Le bourgmestre de Knokke-Heist, Piet de Groote, a quant à lui décidé de suspendre provisoirement les activités sportives et culturelles sur le territoire de sa commune. Mais que pensent les experts ? Faut-il réellement envisager de resserrer la vis à l'échelle du pays pour juguler cette quatrième vague ?

"Pas de reconfinement, mais une série de mesures qui peuvent changer la donne"

Marc Van Ranst a fustigé la décision des autorités communales de Knokke-Heist. Il a ainsi estimé que le bourgmestre ne s'attaquait pas au vrai nœud du problème. "Tout est contrôlé dans le secteur culturel. (...) Si vous voulez vraiment prendre des mesures supplémentaires, alors il faut viser les grandes fêtes", a indiqué le virologue de la KULeuven sur le plateau de VTM. Qui plus est, il est inutile selon lui de resserrer la vis sur un si petit territoire. "Si l'on veut des règles supplémentaires, il vaut mieux les prendre au niveau fédéral ou à une plus grande échelle que celle d'une commune", a-t-il ajouté. S'il n'a donc pas écarté le fait d'adopter à l'avenir des mesures plus strictes, l'expert a toutefois souligné à quel point cette décision ne serait pas bien reçue par la population.

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Le porte-parole interfédéral, Steven Van Gucht a, pour sa part, expliqué que "si nous n'appuyions pas sur la pédale de frein, nous ne nous en sortirions pas". "Cela ne signifie pas que nous devons nous reconfiner", a-t-il toutefois précisé auprès de nos confrères de HLN . "Limiter nos contacts, se réunir à l'extérieur plutôt qu'à l'intérieur et porter un masque buccal en présence de personnes âgées ou vulnérables sont des actes qui peuvent faire la différence." Le chef du Sevice Maladies Virales à Sciensano s'est montré sceptique face aux mesures prises par le dernier Comité de concertation, même si les effets ne peuvent pas encore être détectés dans les chiffres actuels selon lui. "Le Covid Safe Ticket a de nombreuses limites: il peut notamment donner un faux sentiment de sécurité", a-t-il rappelé. "Et recommander fortement le télétravail, c'est plutôt vague. Il faudra voir dans quelle mesure ces conseils sont suivis."

"Davantage s'inquiéter face à cette situation"

Pour l'épidémiologiste Yves Coppieters (ULB), il est incontestable que la recrudescence de l'épidémie, à laquelle nous sommes confrontés, est due au "relâchement des mois d'août et septembre par rapport au port du masque dans certaines provinces en Belgique". C'est pourquoi il a plaidé, sur le plateau de la RTBF, pour un retour au port du masque quasi généralisé , "si l'on ne veut pas avoir de conséquences sur d'autres mesures dans notre sphère privée".


Enfin, Nathan Clumeck, Chef du service des maladies infectieuses au CHU Saint-Pierre, a estimé qu'il était "temps de voir les choses avec un regard peut-être plus inquiet que ce qu'on a eu jusqu'à présent". S'il a rappelé que le vaccin nous avait permis d'éviter une "explosion", il a invité les décideurs à arrêter de parler d'une "vaguelette". "Ce qui se passe actuellement, c'est qu'on a sous-estimé beaucoup de choses", a-t-il regretté sur le plateau de RTL. "On a sous-estimé l'impact du variant delta, qui est beaucoup plus transmissible que ce que l'on pensait. On a sous-estimé aussi le fait que les personnes vaccinées perdent leur protection avec le temps, en particulier si elles ont plus de 60 ou 65 ans, ou si elles ont des comorbidités." Il a toutefois indiqué qu'il laissait au groupe d'experts chargés de conseiller le gouvernement (GEMS) le soin de décider des mesures qu'il faudrait mettre en place pour les mois à venir.


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