#Balancetonbar: environ 500 personnes rassemblées place de l'Albertine pour appeler au boycott des bars et boîtes de nuit à Bruxelles

Un rassemblement a lieu ce vendredi soir place de l'Albertine à Bruxelles pour dénoncer les violences et agressions sexuelles dans les bars et boîtes de nuit.

#Balancetonbar: environ 500 personnes rassemblées place de l'Albertine pour appeler au boycott des bars et boîtes de nuit à Bruxelles
©Ennio Cameriere
La Rédaction (avec Belga)

Selon l'estimation de la police de Bruxelles-Ixelles, environ 400 à 500 personnes, pour la plupart des jeunes femmes, se sont mobilisées vendredi soir à compter de 20h00 place de l'Albertine à Bruxelles pour boycotter les bars et discothèques et dénoncer les agressions sexuelles avec usage de drogues qui y ont cours. D'après l'estimation des organisatrices, il y avait jusqu'à plus d'un millier de personnes au plus fort de l'événement. Toutes ont en tous cas pointé l'absence de prise en considération du problème par les responsables des lieux de la nuit. La mobilisation a été assez sobre et s'est déroulée dans le calme. Des représentantes des mouvements à l'initiative du rassemblement et des victimes (ou "survivantes", comme elles les appellent) ont notamment pris la parole. La place de l'Albertine était remplie. Il n'y a pas eu d'incident, selon les premiers échos de la police. La mobilisation s'est prolongée dans la soirée.

"La seule manière de toucher les personnes du milieu de la nuit, c'est de toucher à leur portefeuille", a expliqué au micro de la RTBF, l'une des organisatrices du rassemblement. "On a voulu taper fort en disant: si les femmes ne sont plus dans vos lieux, il n'y aura plus personne dans vos lieux. S'il n'y a personne dans vos lieux, vous n'aurez d'autre choix que de rendre cet endroit 'safe'." Les manifestantes appellent ainsi à un boycott des bars et des clubs ce vendredi.

Le boycott a notamment été lancé à l'appel du collectif féministe "Les sous-entendu.e.s" et de l'espace d'art bruxellois "That's what x said", réunis au sein de l'Union féministe intersectionnelle autogérée (UFIA). En appelant les filles à déserter les lieux de nuit, leur idée est de toucher aux porte-monnaies de ceux en charge pour les amener à prendre des mesures afin de lutter contre les agressions sexuelles. Elles veulent les sortir du silence.

"On recommencera autant de fois qu'il le faudra et on organisera d'autres actions pour se faire entendre", promet Laura, cofondatrice du collectif féministe "Les sous-entendu.e.s", inclus dans UFIA. "On ne compte pas s'arrêter là, car les violences sexuelles sont un problème systémique."

À la suite de dénonciations en octobre d'agressions avec usage de drogue dans des bars du quartier étudiant d'Ixelles, deux jeunes filles ont publié un témoignage sur le compte Instagram "Balance ton Bar" dans lequel elles racontent avoir alerté des membres du personnel Fuse concernant une possible agression sexuelle dans les toilettes de la boîte de nuit le samedi soir du 30 octobre. Elles ont déploré le peu de considération du problème, voire l'agressivité en réponse à leur insistance.

Le Fuse a réagi en assurant que des formations sur le harcèlement sexuel sont dispensées, mais que le système de surveillance allait être renforcé, afin de repérer ces comportements dangereux et d'interdire l'entrée aux personnes en cause fichées sur une liste noire.

Vendredi, la Brussels By Night Federation a annoncé que les membres du Conseil bruxellois de la nuit travaillent actuellement à rendre plus inclusives, sûres et bienveillantes les nuits bruxelloises. Ils espèrent aboutir à des premières mesures d'ici la fin du mois.

Le milieu de la nuit agit dans son coin pour essayer de laver son image mais, tant qu'ils ne mettront pas des personnes de terrain à table avec eux, ils ne comprendront pas le problème", réagit Laura. "Parce que mettre des capuchons sur des verres n'est pas une solution. C'est de nouveau faire porter aux femmes la responsabilité de leur sécurité, alors qu'on veut que le problème soit pris dans l'autre sens et qu'on vise les agresseurs."

L'UFIA a adressé une lettre à des bourgmestres pour leur soumettre des propositions et compte faire de même avec des acteurs du milieu de la nuit, mais remarque que toutes les solutions ne peuvent pas venir de collectifs bénévoles et appelle à une prise en main plus large du problème.

Sur le même sujet