Le rassemblement pour le boycott des bars se fera en non-mixité: "L'enjeu est que des victimes ne se retrouvent pas confrontées à leurs agresseurs"

Une façon aussi d'éviter que des victimes ne soient confrontées à leur agresseurs, selon Anna Toumazoff, militante féministe française coordinatrice de ce mouvement de boycott.

La Rédaction avec Belga

Suite aux nombreux témoignages de violences sexuelles ayant eu lieu dans des bars ou des clubs, plusieurs associations féministes appellent à boycotter le monde de la nuit ce vendredi soir, en Belgique mais aussi en France. A Bruxelles, le collectif "Les sous-entendues" et l’espace d’art bruxellois "That’s what x said", réunis au sein de l’Union féministe intersectionnelle autogérée (UFIA), cherchent ainsi à dénoncer ces trop nombreuses violences sexuelles et un manque de prise en charge des victimes. Un rassemblement est prévu à 20 heures place de l’Albertine à Bruxelles pour créer une "safe night".

Invitée sur Bel RTL, Anna Toumazoff, militante féministe française coordinatrice de ce mouvement de boycott, explique que cette action touche au portefeuille des tenanciers afin de les faire réagir. "Tous les tenanciers ne sont bien sûr pas responsables, mais nous sommes obligées de taper du poing sur la table. On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs. C'est un cri de colère d'un côté. On est fatiguées de ce que l'on vit au quotidien, mais il y a aussi l'espoir d'un réel sursaut : qu'à travers la francophonie on se réveille et on s'insurge, qu'il puisse y avoir une réelle réflexion suivie de décisions".


La militante explique ensuite que ce ne sont pas des solutions "pansement" qu'il faut que les établissements mettent en place. "Il y a des solutions qui existent depuis longtemps, comme la protection des verres etc, Mais ici, on se rend compte que cela va plus loin puisque le loup est directement dans la bergerie. Si ce sont des barmans qui droguent directement les clientes, ce ne sont pas des mesures suffisantes". Elle défend ainsi davantage des initiatives "de formation et de sensibilisation des équipes", comme certains établissements bruxellois de la nuit ont déjà mis en place. "Ce sont des réformes très profondes sur la façon de faire la fête et de l'encadrer qui sont nécessaires", a-t-elle conclu.

Manifestation en non-mixité

Les hommes cisgenres (les individus dont l'identité de genre est en accord avec leur sexe de naissance) ne sont pas les bienvenus. "Des hommes cisgenres, on sait qu'il y en aura mais on ne va pas les chasser, bien sûr. Mais, l'enjeu ici, contrairement aux premières manifestations, c'est que des victimes ne se retrouvent pas confrontées à leur agresseur, ce qui s'est passé dans les premiers cortèges", a expliqué Anna Toumazoff. Il y a également une volonté "d'être sur le devant de la scène sans que ce soient les hommes qui assurent notre sécurité ou qui, au contraire, puissent nous mettre en danger".