L'usage du GSM au volant bientôt traqué à l'aide de caméras intelligentes

L’usage du GSM au volant sera bientôt traqué à l’aide de caméras intelligentes, rapportent samedi L’Avenir et les journaux de Media huis .

L'usage du GSM au volant bientôt traqué à l'aide de caméras intelligentes
©Shutterstock
An.H avec Belga

Il existe un accord au sein du gouvernement fédéral (MR-PS-Écolo-Open VLD-Vooruit-Groen-CD&V) sur l'utilisation de ces outils pour mettre fin à "l'augmentation alarmante de l'utilisation du téléphone portable au volant". Qui entraîne de dangereuses distractions.

Une photo à travers le pare-brise

C’est une des explications, selon le gouvernement Vivaldi, de l’augmentation du nombre de victimes de la route. Comme la hausse du nombre de conducteurs sous l’emprise de drogues, la progression de la diversité d’usagers (cyclistes, adeptes de la trottinette…).

Pour contrer l'usage frénétique des smartphones, tablettes et autres appareils connectés au volant, les mesures traditionnelles ne suffisent plus, constate la ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden (CD&V). Actuellement, la police ne peut en effet sanctionner un automobiliste geek que sur base d'un constat en flagrant délit. C'est la raison pour laquelle le gouvernement se tourne désormais vers le réseau de caméras ANPR, déjà en place le long des routes. "La technologie est disponible, testée et approuvée", commente le ministre de la Mobilité Georges Gilkinet (Écolo). Les caméras prendront une photo à travers le pare-brise et une autre de la plaque d'immatriculation (de la voiture, de la camionnette, du camion…). Si le système, basé sur l'intelligence artificielle, soupçonne que le conducteur tient un téléphone en main, il enverra les images à la police. Un agent jugera alors s'il s'agit d'une infraction.

Vers un permis à points ?

Les caméras contrôleront-elles immédiatement tous les véhicules ? À quelle fréquence seront-elles en service ? De nombreuses questions restent encore sans réponse. "Les premiers projets pilotes devraient débuter au début de l'année prochaine", détaille le ministre Gilkinet à nos confrères. D'ici là, le gouvernement travaillera sur le cadre juridique qui doit autoriser ces contrôles semi-automatiques. Certains projets de loi sont déjà à l'étude à la Chambre mais doivent encore passer le test de la législation sur la protection de la vie privée.

Il s'agit là d'une des 32 mesures concrètes du nouveau plan fédéral de sécurité routière, dans lequel les nouvelles technologies avancées jouent un rôle central. Parmi les autres dispositions contre les fous du volant, l'introduction d'un système progressif d'amendes : ceux qui se feront prendre à plusieurs reprises pour des infractions similaires paieront bientôt un prix plus élevé. "Si les gens roulent systématiquement à 140 km/h sur l'autoroute, aujourd'hui, ils peuvent s'en tirer avec la même amende cinq, dix, vingt fois", pointe le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne (Open VLD).

Le système progressif concernera aussi les infractions mineures, qui seront traitées immédiatement. Les contrevenants qui ne paient pas leur amende risqueront bientôt une suspension de permis. Ce système semble être un premier pas vers un permis de conduire à points, qui existe déjà dans de nombreux pays européens et dont on parle en Belgique depuis deux décennies.