Christie Morreale en faveur de l'obligation vaccinale pour tous : "Il faudra mettre le sujet sur la table"

Efficacité des vaccins, nouvelles mesures, reconfinement : la ministre fait le point.

Christie Morreale en faveur de l'obligation vaccinale pour tous : "Il faudra mettre le sujet sur la table"
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A. Dms

Invitée sur le plateau de "C'est pas tous les jours dimanche", la ministre wallonne de la Santé a fait le point sur la situation belge. "Ça va mieux", a commencé la ministre. "Si on regarde les contaminations, par rapport à un an. Ici, tout est ouvert : les commerces, les universités... Tout est ouvert", a-t-elle continué, déplorant la quasi-disparition des gestes barrières. "On a 23 personnes qui décèdent aujourd'hui contre plus de 200 il y a un an et 500 personnes en soins intensifs. C'est beaucoup, mais vu le nombre de contaminations il y a un an, c'était trop fois plus".

Selon la ministre, c'est grâce aux vaccins contre le coronavirus, aux gestes barrières et au CST que la situation actuelle reste gérable. Elle invite malgré tout à la prudence : "On voit que le variant circule. Il est deux fois plus contagieux", prévient-elle. "Cela veut dire que l'on doit vacciner beaucoup plus et reprendre pendant ce mois-ci des gestes de protection".

Interrogée sur l'efficacité du vaccin, Christie Morreale a indiqué voir 15 fois moins de clusters dans les maisons de repos wallonnes grâce au vaccin. "Est-ce que le vaccin est la solution qui fonctionnera à 100% toute seule ? Non", a-t-elle ajouté. "Le vaccin n'est pas efficace à 100% : il l'est à 90% contre les contaminations, à 70% contre les formes graves et il faut un booster après 6 à 8 mois".

La ministre a souligné l'importance de continuer à appliquer les gestes barrières, même une fois vacciné. "Dans les régions où l'on a vacciné énormément, comme en Flandre, si l'on enlève les gestes barrières, on a une augmentation des contaminations", insiste-t-elle. "On doit pouvoir limiter au maximum la circulation du virus pour limiter les fermetures, comme on le voit dans d'autres pays. C'est pendant quatre semaines que l'on doit être vigilants. Si on l'est, je pense que l'on arrivera à passer l'hiver".

Vers une obligation vaccinale pour tous ?

La ministre a déclaré qu'il était important de prendre des gestes très rapides pour empêcher la circulation du virus, mais souhaite aborder la vaccination obligatoire de la population. "J'avais toujours dit qu'il fallait voir, si on arrivait dans cette quatrième vague, si l'on tient le choc ou pas. Si l'on voit que l'on a des reports de soins, comme ça a été le cas avant, alors on ne peut plus l'accepter. Il faudra que l'on prenne des mesures de plus en plus fortes", a déclaré la ministre. "Il faudra mettre sur la table l'obligation vaccinale ou toutes les mesures qui conduiront vers une obligation vaccinale pour tous, je pense que c'est important".

"Je pense que l'on doit regarder comment les choses se passent dans les prochaines semaines. Si on doit passer à nouveau à des reports de soins, alors je pense que l'on doit pouvoir aller plus loin", explique-t-elle. Selon la ministre, ce débat doit se faire de manière démocratique au parlement ainsi qu'avec le comité de bioéthique.

Une solution évoquée par la ministre est la mise en place d'un "pass vaccinal" au lieu du Covid Safe Ticket, comme c'est le cas dans plusieurs pays. Cela signifierait qu'un test ne serait plus suffisant pour obtenir le CST, il faudra être totalement vacciné ou avoir été contaminé dans les 6 mois.

Des mesures plus fortes

Dans tous les cas, Christie Morreale plaide pour des mesures plus fortes. Le Codeco, prévu ce vendredi, pourrait d'ailleurs être avancé. "Le Premier ministre est en train de concerter pour voir s'il anticipe ou non le Codeco", a-t-elle indiqué.

Quant au confinement, la ministre pense qu'il faut "tout faire pour l'éviter". "Il y a plus de 80% des Wallons qui se sont fait vacciner et ça fonctionne. Si on reprend les gestes barrières, avec le port de masque et le télétravail partout où c'est possible, que l'on s'applique. Si l'on fait ça pendant quatre semaines, je crois qu'on amortira le choc et que l'on évitera des fermetures", explique-t-elle. "Si les responsables ne prennent pas la décision immédiatement, alors, inévitablement le risque de reconfiner est important".

Enfin, la ministre a expliqué attendre les avis concernant le port du masque par les enfants ainsi que la vaccination des plus jeunes avant de se positionner. Un rapport du Gems, qui portera sur l'utilité ou non du port du masque par les enfants, doit être publié ce dimanche.

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