La police mènera des actions de protestation quotidiennes dès ce lundi, quelque 200 agents en marge du Te Deum à Bruxelles

Les syndicats policiers ont annoncé des actions quotidiennes dès ce lundi et pour une durée de plus de deux mois. Il s'agira d'actions ponctuelles, comme celles déjà menées à la fin du mois d'octobre dans les aéroports de Zaventem et de Charleroi mais aussi de contrôle de circulation plus poussés.

La police mènera des actions de protestation quotidiennes dès ce lundi, quelque 200 agents en marge du Te Deum à Bruxelles
©GUILLAUME JC
Belga

Les syndicats protestent notamment contre la révision de l'organisation des fins de carrière et contre le blocage des négociations sur une revalorisation salariale. Ils ont déposé un préavis de grève la semaine passée pour la police fédérale, après une nouvelle réunion infructueuse. Un deuxième préavis, concernant la police locale, pourrait également être introduit cette semaine "Les actions iront crescendo", a déjà averti Vincent Houssin, le président du SLFP Police. Elles seront menées dans les premiers jours par des militants syndicaux avant de prendre davantage d'ampleur, a ajouté Joery Dehaes (CSC Police). "Tous les transports, terrestres, maritimes et aériens seront touchés. Mais ce n'est pas tout, la justice le ressentira aussi", a de son côté averti, dans un tract, la CGSP.

Ce lundi matin, environ 200 policiers, selon l'estimation sur place de la police de Bruxelles-Ixelles, ont fait office de public d'accueil du Te Deum pour la Fête du roi derrière les barrières installées face à la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule à Bruxelles. Les 4 syndicats policiers étaient présents. Ils avaient amené leurs couleurs, de multiples drapeaux, des pétards et des fumigènes. Les policiers ont hué les représentants de l'État à leur arrivée.

"Nous sommes les gardiens régaliens de l'autorité et être présents aujourd'hui est donc pour nous hautement symbolique", explique Raoul Moulin, secrétaire permanent pour la police à la CSC. "C'est un acte fort, un acte de rupture. On a eu les attentats, puis la pandémie? La ministre nous avait dit qu'on méritait plus qu'une prime et au final, on nous dit qu'on n'aura rien. C'est un appel au roi, au chef de l'État, pour dire que quelque chose doit être fait pour les policiers".

"On n'a plus été augmenté depuis la réforme des polices d'avril 2001", rappelle Frédéric Fortunato, permanent syndical SNPS. "Après le conclave budgétaire en octobre, la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden a retiré les 60 millions pour la revalorisation salariale, qui étaient sur la table des négociations depuis quelques mois, car les Communes n'ont pas d'argent. Mais, on le savait déjà?"

S'ajoute au mécontentement le possible retrait de l'aménagement permettant aux policiers de bénéficier d'un départ à la pension anticipé, qui a été repoussé de 56 à 62-63 ans, au motif qu'il y a notamment des places aménagées dans les bureaux pour les fins de carrière. La suppression des 100 millions sur la législature pour le fonctionnement de la police fédérale est perçue comme un autre coup dur.

Il s'agit d'une première action d'une longue série de deux mois.