Thierry Belin charge Annelies Verlinden: "Il y a le feu dans la maison police"

Thierry Belin, le secrétaire national du syndicat du personnel de police (SNPS), n’a pas mâché ses mots à l’égard de la ministre Annelies Verlinden. Les actions des policiers risquent de se durcir encore.

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Depuis lundi, les syndicats de police mènent des actions contre le blocage des négociations salariales, contre la révision du dispositif de fin de carrière et le manque de moyens.

La concertation sociale de ce jeudi, avec notamment des représentants du SPF Intérieur a tourné court. Annelies Verlinden, la ministre de l’Intérieur, ainsi que le commissaire général Marc De Mesmaeker, sont actuellement en visite de travail aux États-Unis. Les négociations sont dans l’impasse.

Le mouvement va-t-il se durcir à la suite de cet échec? "J’en ai bien peur", confie le syndicaliste Thierry Belin. "Nous attendons toujours l’invitation du Premier ministre qui a dit qu’il nous recevrait. La réunion d’hier a été un fiasco, une pantalonnade. On s’est moqué de nous. Si on ne nous répond pas, on sera obligé de passer à autre chose".

"Nous courrons à la catastrophe"

Les revendications des policiers sont claires, le manque de moyens est criant selon eux.

"La police doit être refinancée, d’urgence, car nous courons à la catastrophe", martèle Thierry Belin. "En termes de personnel, nous travaillons avec des normes et des chiffres qui datent de 1998. Ces normes obsolètes ne répondent plus aux réalités de terrain. Et même comme ça, il manque 4000 policiers en Belgique. Il y a le feu dans la maison police et la ministre Verlinden fait la sourde oreille".

Concernant les actions en cours, il n’y a pas eu de débordements se félicite Thierry Belin. Quand on reproche aux forces de l’ordre d’utiliser du matériel policier, le secrétaire national du SNPS balaie d’un revers de la main. "Le matériel utilisé l’est par des policiers en tenue, qui font leur job, qui font des contrôles routiers. Les autres n’utilisent aucun matériel de la police".

Et d’envoyer une dernière salve à la ministre. "Madame Verlinden nous a fait des promesses fermes, il y avait 60 millions sur la table. Après le conclave budgétaire, cette somme était toujours-là, l’offre tenait toujours. Quelques jours plus tard, son chef de cabinet nous dit qu’on a mal compris, qu’il n’y a rien pour nous", déplore-t-il.

"C’est un zéro pointé sur toute la ligne. On va de déception en déception. Elle fait de fausses promesses depuis 6 mois. Elle n’a pas de légitimité puisqu’elle n’est pas élue, elle n’est pas vice-Première, je ne suis pas certain qu’elle ait du crédit dans son propre parti et elle a raté son conclave budgétaire. Par méconnaissance des dossiers ou par absence de volonté d’avancer? Je ne sais pas. Mais c’est un constat".

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