"Le risque majeur, c'est la faillite de la démocratie" : Marie-Hélène Ska s'oppose à la vaccination obligatoire du personnel soignant

Ce lundi, Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC, était l'invitée de Il faut qu'on parle sur DH radio.

Le gouvernement fédéral a décidé d'imposer la vaccination aux soignants, sous peine de sanctions. Une décision qui a mis le feu aux poudres dans les services de soins de santé. Les syndicats montent au créneau avec un préavis de grève, lancé dès vendredi.

Pour la numéro 1 de la CSC, la Confédération des Syndicats Chrétiens, c'est une décision difficile à accepter. "C'est d'autant plus difficile que nous avons le sentiment qu'il y a un écart entre la volonté affichée - la vaccination obligatoire pour le personnel soignant - et la capacité réelle à effectuer cette vaccination", a déclaré Marie-Hélène Ska au micro de Maxime Binet.

"Pointer seulement ce personnel, c'est discriminant", assure-t-elle. C'est surtout une "réponse très partielle aux besoins dans les hôpitaux, qui manquent de moyens. Venir avec la vaccination obligatoire, sans venir avec des solutions concrètes pour aider à résoudre la saturation dans les services de soins, c'est un message difficile", appuie-t-elle. Une décision qui risque de mettre en "faillite la démocratie", avance-t-elle également.

D'autant que pour la syndicaliste, d'autres outils existent pour permettre de contenir l'épidémie de coronavirus. "Aujourd'hui, on sent que les gestes barrière ne sont plus respectés. Il suffit de se balader en rue. Or, nous savons que c'est le respect de ces gestes, dans l'état de la science, qui est la première protection individuelle et collective. Nous avons le sentiment qu'on n'arrive plus à faire appliquer ces gestes barrières, donc on vient avec des mesures supplémentaires, des 'stop and go'", qui ne sont pas la solution selon elle.

"On reste dans une logique de court terme", regrette-t-elle. "Je ne blâme pas le politique, c'est très difficile de prendre des mesures aujourd'hui. Mais pour arrêter ce stop and go, il faut que les mesures de base - à savoir le port du masque, les gestes barrières, la ventilation - soient généralisées. Lors de voyages à l'étranger, les formulaires ne sont pas contrôlés".


La CSC, en front commun avec la Secta, les syndicats socialistes, a déposé un préavis de grève immédiat et ils prévoient une manifestation nationale le 6 décembre prochain. "Ce n'est jamais le bon moment de se mobiliser, mais notre rôle c'est de dire le malaise qu'il y a sur le terrain, et il est grandissant. Le secteur de la santé est en première ligne depuis le début de la crise, on manque de bras, le personnel est fatigué et nous ne sommes que fin novembre, aux portes de l'hiver", appréhende-t-elle.

Ensuite, Marie-Hélène Ska a attribué un carton rouge aux manifestations, qui ont dégénéré ce dimanche. "Ce n'est pas ce qu'il faut faire dans une démocratie. On débat, on discute, mais on le fait pacifiquement. Ce n'est pas une réponse adéquate".