Face aux violences sexuelles, App-Elles!

Une application, déployée en Fédération Wallonie-Bruxelles, permet aux femmes en danger d'alerter très vite les secours et de contacter leurs proches.

Face aux violences sexuelles, App-Elles!
©App-Elles

Que faire, quand on est une femme, et qu’on se sent en danger dans la rue, harcelée par un inconnu, ou chez soi, menacée par un compagnon violent ? Une application mobile, tout à fait gratuite, développée par l’association française Resonantes, permet de contacter rapidement ses proches, les services d’urgence, les associations et autres aides disponibles qui se trouvent à proximité de la personne concernée. En cas de détresse, il suffit d’ouvrir l’application App-Elles et de pousser sur le bouton SOS sur fond rose qui s’affiche en bas de l’écran pour “lancer une alerte”.

À l’initiative de la ministre chargée des Droits des femmes, Bénédicte Linard (Ecolo), un partenariat a été lancé entre l’application App-Elles (disponible dans 13 pays) et la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), pour que les femmes en danger puissent rapidement trouver de l’aide.

En fonction du “secteur” où on se trouve

Pour le déploiement de l’application sur le territoire de la FWB, un budget de 3 000 € par an a été prévu pour rétribuer l’asbl Écoute Violences Conjugales, qui prend en charge les lignes liées à l’application. App-Elles est un outil complémentaire aux services de secours. Un bouton orange permet d’appeler directement le 101.

Il faut configurer le “secteur” où on se trouve (modifiable en fonction de ses déplacements), ce qui permet de resserrer l’alerte sur un territoire déterminé (une province ou la Région de Bruxelles-capitale). L’application, très pratique, permet d’enregistrer des contacts de confiance (“mes protecteurs” et “mes protégés”) qui peuvent ainsi être joints très rapidement.

Face aux violences sexuelles, App-Elles!
©App-Elles

Mais App-Elles ne se limite pas aux réactions en cas d’urgence. L’outil oriente aussi les femmes en détresse en proposant un point d’accès unique en direction de toutes les ressources d’aide et d’information existantes.

Grâce au partenariat avec la Fédération Wallonie-Bruxelles, la base de données de l’application a pu être alimentée afin de renseigner, sur une carte interactive, tous les services qui peuvent apporter une aide aux victimes de violence en Wallonie et à Bruxelles (SOS Viol, Écoute Violences conjugales, Écoute Enfants, Respect Seniors, Prévention Suicide, Mon mariage m’appartient) en fonction du secteur où on se trouve, avec en lien le numéro d’appel sur lequel il suffit d’appuyer le pouce.

L’application renseigne encore les tchats en ligne et les lignes d’écoute belges disponibles en français, néerlandais (“1712”) et en allemand –elles s’affichent selon la langue utilisée par le GSM ou l’ordinateur utilisé.

Un nouvel outil

Les actualités récentes, notamment autour du mouvement #Balancetonbar ont remis en lumière le caractère systémique des violences faites aux femmes. Outre la nécessaire sensibilisation et le travail essentiel au niveau de la police et de la justice pour combattre toutes les formes de violences, des outils d'alerte et d'informations gardent toute leur pertinence, estime Bénédicte Linard. "Je suis fière d'avoir pu aboutir au partenariat avec App-Elles en Belgique, pour que les femmes disposent d'un nouvel outil direct et efficace pour trouver de l'aide en cas de besoin".

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